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Fin des premières discussions Etats-Unis-Cuba


La secrétaire d'Etat adjointe Roberta Jacobson (à dr.), qui conduisait la délégation américaine présente pendant deux jours à La Havane (AP)

La secrétaire d'Etat adjointe Roberta Jacobson (à dr.), qui conduisait la délégation américaine présente pendant deux jours à La Havane (AP)

"Nous avons fait pression auprès du gouvernement cubain pour qu'il améliore la situation des droits de l'homme", a expliqué la secrétaire d'Etat adjointe américaine, Roberta Jacobson.

LA HAVANE (Reuters) - Les Etats-Unis ont insisté sur la nécessité d'améliorer la situation des droits de l'homme à Cuba lors de la première session de discussions à haut niveau qui doivent conduire à un rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays.

Ces pourparlers marquent le premier pas sur une voie de la normalisation des relations entre Washington et La Havane depuis que Barack Obama et Raul Castro ont annoncé le 17 décembre leur intention d'un rapprochement après plus d'un demi-siècle de conflit larvé.

"Nous avons fait pression auprès du gouvernement cubain pour qu'il améliore la situation des droits de l'homme, y compris la liberté d'expression et de réunion", a expliqué la secrétaire d'Etat adjointe Roberta Jacobson qui conduisait la délégation américaine présente pendant deux jours à La Havane.

Le gouvernement castriste a toujours montré une méfiance à l'égard des Etats-Unis qu'il soupçonne de vouloir empiéter sur sa souveraineté nationale et se mêler de ses affaires intérieures.

"Je peux vous confirmer que le terme de 'pression' n'a pas été employé. Je dois dire qu'il ne s'agit pas d'un mot que l'on emploie dans ce type de conversations", a précisé Josefina Vidal, chef de la délégation cubaine, devant la presse.

Les délégués cubains avaient retourné la question des droits de l'homme en faisant part à leurs interlocuteurs de leurs préoccupations sur la situation aux Etats-Unis après la mort de deux Noirs à Ferguson et à New York cet été.

Les deux camps, suivant les consignes fournies par leurs présidents respectifs, ont convenu que les discussions avaient été respectueuses et constructives.

QUESTION DE CONFIANCE

Selon Roberta Jacobson, aucune avancée significative ne pourra s'accomplir sans que soient surmontées 50 années de méfiance et de soupçon entre les deux pays depuis l'affaire de la baie des Cochons et la crise des missiles.

"Nous allons devoir dépasser cinquante années de relations qui n'ont pas été basées sur la confiance. Certaines choses doivent être négociées avant que nous puissions établir cette relation et il y aura d'autres discussions à venir", a-t-elle ajouté.

Josefa Vidal n'a pas souhaité s'exprimer sur cette question de la confiance à l'égard du gouvernement américain. "J'ai confiance dans un avenir meilleur pour nos deux pays", a-t-elle dit.

"Nous sommes voisins. Nous avons de profondes divergences mais nous avons vu dans le monde que des pays pouvaient coexister de manière pacifique et civile malgré de profondes divergences", a-t-elle poursuivi.

L'une des questions essentielles concerne l'embargo commercial total appliqué par les Etats-Unis contre Cuba. Barack Obama a assoupli ces restrictions et a demandé au Congrès d'entamer un processus pour parvenir à leur levée.

Sur la question de l'immigration, la délégation cubaine a fait part de sa déception concernant le fait que les autorités américaines garantissaient aux exilés cubains une protection accordée à aucune autre minorité.

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