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Fin de la guérilla des FARC en Colombie ?


Les rebelles des Forces armees revolutionnaires de Colombie arrivent dans le sud de la Colombie, le 25 septembre 2016.

Les rebelles des Forces armees revolutionnaires de Colombie arrivent dans le sud de la Colombie, le 25 septembre 2016.

Après quatre années de pourparlers et un demi-siècle de conflit, peut-être la fin de la plus ancienne guerre interne à l'Amérique latine. Le conflit entre le gouvernement colombien et la guérilla des Farc, qui a fait plus de 300.000 morts et disparus, est désormais seulement suspendue au succès d'un référendum.

L'accord de paix va être signé par d'anciens faucons qui ont fait de la paix leur fer de lance : le président Juan Manuel Santos et le chef des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes), Rodrigo Londoño, plus connu sous ses noms de guerre de Timoleon Jimenez et de Timochenko.

"Aujourd'hui, je peux vous dire que nous vivons #LaFeliSIdad (le bonheur) d'une nouvelle aube pour la Colombie, une nouvelle étape de notre histoire, celle d'UN PAYS EN PAIX", a twitté M. Santos, remplaçant le c de felicidad par un s pour former un SI (OUI) à la paix.

"La guerre est terminée, nous allons tous et toutes bâtir la paix ! Tout est prêt pour la #FirmaDeLaPaz (signature de la paix)", ont proclamé les Farc sur leur compte Twitter dédié aux pourparlers de paix.

La cérémonie, au cours de laquelle seuls M. Santos et Timochenko prendront la parole, doit débuter à 17h00 (22h00 GMT) sur l'esplanade du centre des conventions de Carthagène des Indes (nord), en présence d'environ 2.500 personnes conviées à se vêtir de blanc. Parmi elles, 250 victimes arrivées lundi matin des régions les plus affectées par le conflit.

Lavée la veille par un violent orage, Carthagène, la perle des Caraïbes, s'est réveillée sous un soleil radieux et parée de colombes de la paix, portant en leur bec le rameau d'olivier et un ruban aux couleurs jaune, bleu, rouge du drapeau colombien.

Quinze chefs d'Etat latino-américains vont assister à cet événement historique, à commencer par le Cubain Raul Castro, dont le pays a accueilli pendant presque quatre ans les négociations ayant abouti le 24 août à cet accord avec les Farc, sous les auspices aussi de la Norvège, du Venezuela et du Chili.

Parmi les personnalités invitées figurent le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, son homologue de l'Organisation des Etats américains (OEA), Luis Almagro, le secrétaires d'Etat américain, John Kerry, et celui du Vatican, le cardinal Pietro Parolin.

La présidente du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, et son homologue de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, ainsi que 27 ministres des Affaires étrangères, dont le Norvégien Borge Brende, assisteront également à cette cérémonie de 70 minutes retransmise à la télévision.

M. Brende, dont le pays a été facilitateur de la paix, a salué, dans un entretien avec l'AFP, cet "accord historique" et "très complet", tout en avertissant que sa mise en oeuvre "va demander beaucoup de leadership".

La Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH) a pour sa part souligné que "la paix est non seulement le silence des armes", mais aussi la mise en oeuvre de l'équité et de la justice qui "restent à bâtir en Colombie".

De leur côté, les pays membres de l'Union européenne vont suspendre les sanctions prises contre les Farc "dès que l'accord sera signé", a-t-on appris de source diplomatique à Bruxelles.

M. Santos a rendu hommage aux forces de l'ordre "pour avoir atteint ce point d'inflexion (...) qui consiste à signer la fin du conflit avec les Farc". Vers midi (19h00 GMT), il doit participer à "une prière pour la réconciliation de tous les Colombiens".

Après un déjeuner avec les dignitaires présents, le président signera l'accord de 297 pages à l'aide d'un "baligrafo", un stylo fabriqué avec une balle utilisée pendant le conflit, dont il offrira un exemplaire à chaque chef d'Etat et au secrétaire général de l'ONU.

Les Farc, issues en 1964 d'une insurrection paysanne et qui comptent encore quelque 7.000 combattants armés, ont ratifié l'accord vendredi pendant leur conférence au coeur du Caguan (sud-est).

Le complexe conflit colombien a fait plus de 260.000 morts et 45.000 disparus tandis que 6,9 millions de personnes ont été déplacées. Il a impliqué plusieurs guérillas d'extrême gauche, dont également l'Armée de libération nationale (ELN, guévariste), encore active avec 1.500 combattants, des paramilitaires d'extrême droite et l'armée.

L'ELN a annoncé une trêve dans ses offensives du 30 septembre au 5 octobre "pour faciliter la participation des gens" au référendum du 2 octobre, de l'issue duquel dépendent l'entrée en vigueur de l'accord et le désarmement des Farc.

Le ministre de l'Intérieur, Juan Fernando Cristo, a qualifié cette annonce de "geste très positif", mais rappelé que l'ELN doit "libérer tous les otages" avant des pourparlers officiels.

Au total, 2.700 policiers et militaires sont mobilisés pour assurer la sécurité à Carthagène, qui, épargnée par la guerre et très touristique, n'a pas de signification symbolique. Elle a plutôt été choisie pour ses infrastructures et préférée à la capitale Bogota dont l'altitude (2.600 m) aurait pu incommoder certains invités étrangers.

Avec AFP

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