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Fifa : A trois jours de l'élection, le prince Ali demande son report


Le prince Ali de Jordanie, le 4 décembre 2015 à Washington. (AP Photo/Susan Walsh, file)

Le prince Ali de Jordanie, le 4 décembre 2015 à Washington. (AP Photo/Susan Walsh, file)

Alors que le TAS a rejeté la demande du prince Ali de mettre en place des isoloirs transparents, celui-ci a demandé le report du scrutin, pas assez transparent selon lui.

A trois jours de l'élection du nouveau président de la Fifa vendredi, le prince Ali, l'un des cinq candidats et rival malheureux de Joseph Blatter lors du précédent scrutin en mai, a demandé le report du vote, qui n'est selon lui pas assez transparent.

Le Jordanien dit avoir saisi le Tribunal arbitral du sport (TAS), la plus haute juridiction sportive. Ces derniers jours, cet outsider, dont les chances paraissent infimes avant l'élection de Zurich, a fait de la mise en place d'isoloirs transparents son cheval de bataille procédural.

"Seul un isoloir transparent permettrait de prouver que chaque votant vote bien en son âme et conscience et qu'il n'y pas eu de vote forcé, en empêchant les votants de photographier leur bulletin pour prouver qu'ils auraient suivi une éventuelle consigne de vote", avait expliqué dès samedi à l'AFP Renaud Semerdjian, un des avocats parisiens du candidat, pour expliquer le dépôt d'un premier recours devant le TAS.

Or, la "Fifa s'est opposée à (la) demande de procédure accélérée" sur cette question, "afin (qu'elle) ne puisse être tranchée" avant l'élection, selon un communiqué des avocats parisiens du prince Ali, Me Francis Szpiner et Semerdjian, transmis mardi à l'AFP.

D'où leur décision de saisir une deuxième fois le TAS, cette fois-ci pour demander carrément le report du scrutin.

Sollicité par l'AFP, le TAS n'avait pas répondu mardi à la mi-journée, et on ne connaît pas la date à laquelle il examinera cette requête.

Interrogée sur la demande de mise en place d'isoloirs transparents, une porte-parole de la Fifa avait déclaré samedi à l'AFP: "Les votants pourront avoir avec eux leur téléphone mobile dans la salle du congrès mais devront le laisser au moment où ils iront voter."

"Cette attitude est incompréhensible, sauf à vouloir s'obstiner à ne pas garantir la transparence des opérations de vote et la sincérité du scrutin", ont répliqué mardi les avocats du prince Ali, alors que la Fifa est embourbée depuis neuf mois dans un vaste scandale de corruption et se trouve dans le collimateur des justices américaine et suisse.

- Deux poids lourds -

Lors de la précédente élection, en mai, le prince Ali avait poussé Blatter à un second tour en recueillant 73 voix au 1er (contre 133 pour le Suisse), avant de se retirer. Depuis, Blatter a dû renoncer à son poste à cause du scandale qui ébranle la Fifa, ce qui a rendu nécessaire l'élection de vendredi.

Mais cette fois-ci, contrairement à mai, les chances du prince jordanien paraissent infimes face aux deux grands favoris, le cheikh bahreïni Salman (président de la Confédération asiatique) et l'Italo-Suisse Gianni Infantino (secrétaire général de l'UEFA).

Tous deux ont reçu le soutien de certaines confédérations: Salman est appuyé par l'Asie et l'Afrique, Infantino par l'Europe et l'Amérique du Sud, ainsi qu'une partie de l'Amérique du Nord (l'Union centre-américaine, regroupant sept fédérations). Les autres fédérations d'Amérique du Nord et l'Océanie n'ont pas officialisé de consigne de vote.

C'est pourquoi l'activisme procédural du prince Ali à quelques jours du scrutin ressemble à un baroud d'honneur, d'autant qu'il coïncide avec celui d'un autre "petit" candidat, Jérôme Champagne.

Le Français a dénoncé lundi devant la commission électorale de la Fifa le trop grand nombre "d'observateurs" de l'UEFA et de l'AFC accrédités pour le congrès. Des invités qui, selon lui, pourraient agir en tant que lobbyistes et faire campagne jusqu'à la dernière seconde pour Infantino et Salman.

Deux poids lourds face auxquels le dernier des cinq candidats, l'homme d'affaires sud-africain Tokyo Sexwale, semblent lui aussi promis à faire de la figuration, comme Ali et Champagne.

AFP

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