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Fermetures provisoires d'antennes télévisés et radiophoniques à Cotonou


Le président de la Haute autorité de l'audiovisuel et de la communication, Adam Tessi Boni, à Cotonou, au Bénin, le 4 décembre 2016. (VOA/Ginette Fleure Adande)

Sous le nouveau départ prôné par le président Patrice Talon, les décisions se suivent et font grincer les dents. Les Béninois ont l'impression que le régime actuel n'a rien de plus convaincant que celui passé, qui a longtemps réprimé les libertés individuelles et collectives.

La fermeture de plusieurs chaines de télévision et de station, radio dont celles de l'opérateur économique Sébastien Ajavon, est perçue par un nombre important de la population comme un acharnement.

Beaucoup y voient une main politique décidée à asphyxier l'homme d'affaires dont le nom avait été cité récemment dans une affaire de drogue.

Que se passe-t-il dans l'univers médiatique au Bénin?

La nouvelle est tombée comme un coup de massue. Les Béninois n'ont pas compris pourquoi subitement, et sans aucun avertissement, des scellés ont été apposés sur les portes de plusieurs chaînes de télévision et de station de radio.

La majorité appartiennent à des opérateurs économiques, dont le plus connu reste Sébastien Ajavon, allié et ami du chef de l'État qui, au détour d'une affaire de drogue dans laquelle il a été nommément cité, avait décidé de prendre ses distances avec le pouvoir.

Au sein des populations, les avis sont partagés sur cette fermeture brutale de ces organes de presse. "Si c'est les stations ont été fermés, c'est parce qu'ils n'ont pas respecté les clauses", a indiqué un passant au micro de VOA Afrique.

"Cela ne nous honore pas, et nous qui sommes les consommateurs, cela ne nous respecte pas", a lancé un autre Béninois.

Les associations faîtières des médias ont très vite dénoncer cette mesure brusque et dite "inopportunes" qui interviennent à un mauvais moment.

Même si elles reconnaissent que force doit rester à la loi, elles pensent que le président de la HAAC aurait pu se passer d'une telle mesure conservatoire que lui confère la loi.

Banderole à la devanture du groupe CAJAF COMON dont la télé et la radio ont été fermé, à Cotonou, au Bénin, le 4 décembre 2016. (VOA/Ginette Fleure Adande)
Banderole à la devanture du groupe CAJAF COMON dont la télé et la radio ont été fermé, à Cotonou, au Bénin, le 4 décembre 2016. (VOA/Ginette Fleure Adande)

Dans le rang de la société civile, on se désole de cette décision, véritable restriction des libertés : "je ne sais pas si c'est un excès de zèle, mais il y a quelque part des motivations, et on peut accréditer la thèse de l'intimidation et de trafic d'assurance".

Au niveau des responsables des organes de presse fermés, les mêmes théories sont émises. Donklam Abalo, directeur du radiosoleil FM de Sébastien AJAVON se dit déçu et confus. "Nous n'étions d'émettre un programme qui insulte qui que ce soit et nous sommes surpris, explique-t-il, "nous ne comprenons pas les raisons".

L'ONG Reporters sans frontières a également dénoncé la suspension de quatre médias audiovisuels proches de l'opposition béninoise en l'espace de 48 heures, craignant une dérive "autoritaire" du gouvernement.

Reporters sans frontières dénonce des suspensions "décidées sans que les médias aient été avertis ni mis en garde afin de pouvoir régulariser leur situation".

Mais le président de la HAAC, Adam Tessi Boni, se dit imperturbable.

Pour lui, il ne s'agit ni d'une violation de libertés ni d'un acharnement contre les opérateurs économiques. Il s'agit pour les promoteurs de se conformer aux règles qui régissent le paysage médiatique au Bénin.

La Haute Autorité de l'audiovisuel et de la communication attend que les promoteurs des organes fermés prennent la décision de respecter la convention signée, afin de continuer à émettre leurs programmes.

Ginette Fleure Adande, correspondante à Cotonou

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