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Fermeture de la fonction publique américaine : la note est salée


Dès l’adoption par le Congrès d’une loi budgétaire, les experts ont commencé à dresser le bilan de la mise à pied de la majeure partie de la fonction publique pendant 16 jours. La note pour l’économie américaine est salée, comme l’a fait valoir l'agence de notation Standard & Poor's. Elle a chiffré les pertes à 24 milliards de dollars.

Le chef de la minorité à la Chambre, la député démocrate Nancy Pelosi, a eu des mots cinglants pour ses collègues républicains. « Chers collègues, pensez-vous que votre imprudence valait les 24 milliards de dollars que cela a coûté à notre économie ? » a demandé Mme Pelosi. Sans oublier les fonctionnaires, privés de leurs salaires pendant 16 jours, certains étant forcés de s’inscrire au chômage ou d’emprunter pour payer leurs factures.
Nancy Pelosi a eu des mots durs pour ses collègues républicains, sur l'impact de la fermeture partielle de la fonction publique américaine

Nancy Pelosi a eu des mots durs pour ses collègues républicains, sur l'impact de la fermeture partielle de la fonction publique américaine


Quant à l’agence Fitch, elle a placé la dette souveraine à long terme des Etats-Unis sous « surveillance négative », au motif que « les autorités américaines n'ont pas relevé le plafond de la dette en temps voulu ». De surcroit, la loi budgétaire promulguée jeudi par le président Barack Obama est temporaire, et dès le mois de janvier 2014, le Congrès devra à nouveau voter une loi budgétaire pour le reste de l’exercice fiscal 2013-2014, qui s’achèvera le 30 septembre 2014.

Les agences de notation, de même que les experts, se préoccupent de plus en plus des négociations prolongées chaque année au Congrès sur le plafond de la dette et les lois budgétaires. Déjà en août 2011, les places boursières mondiales avaient plongé, du fait du désaccord à Capitol Hill sur le relèvement du plafond de la dette. De plus en plus, des voix s’élèvent pour dire que le Congrès sabote la confiance dans le rôle du dollar comme principale monnaie de réserve.

Une nouvelle étude de la firme Macroeconomic Adviser, publiée cette semaine, affirme que depuis 2009, les incertitudes politiques, en décourageant la consommation, ont réduit la croissance aux Etats-Unis d’1 %. Elles auraient également fait disparaitre 2 millions d’emplois, alourdissant de taux de chômage de 0,6 %. De ce fait, ce taux est bien ancré à 7,3 %, même si l’économie américaine, avant la fermeture partielle de la fonction publique, reprenait son élan et semblait sortir de sa pire récession depuis les années 1930.
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