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Femmes courageuses de Goma


Les femmes sur le marché informels à Goma, juillet 2016 (VOA/Charly Kasereka)

Les femmes sur le marché informels à Goma, juillet 2016 (VOA/Charly Kasereka)

Elles sont appelées femmes courageuses, ces femmes qui, en RDC, supportent la charge de leur foyer. Elles sont très nombreuses dans ce pays ravagé par des guerres et les atrocités surtout dans l’est du pays.

Elles sont veuves ou mariées à des hommes dont les activités sont paralysées du fait de la guerre et de la crise économique qui sévit ici.

Certaines sont abandonnées par leur époux depuis plusieurs années. Certaines sont handicapées physiques mais ne baissent pas les bras pour se réduire à la mendicité. Leur combat : survivre, elles et leur foyer, mais avec dignité. Elles choisissent pour la plupart de faire le commerce.

"J’ai débuté mon petit commerce avec un capital de 20 dollars, aujourd’hui c’est n’est plus la même somme, j’ai chuté. Pour payer les études de mes enfants, je dois m’associer avec d’autres vendeuses comme moi dans une ristourne. Mon époux m’a quitté et j’ai le devoir de prendre soin de mes enfants", explique Mangaza Omar, mère de quatre enfants et commerçante dans le secteur informel.

Les femmes courageuses se créent de petits marchés informel sur presque chaque avenue dans la ville pour écouler leur marchandises.

Cette activité est le seul moyen de subsistance pour Nambula Kasusanya depuis 30 ans.

Mme Kasusanya est fière d’avoir initié ses 3 filles dans le métier qu’elle exerce depuis 30 ans.

"Toutes ces femmes que vous voyez ici sont mes enfants, je leur ai appris ce métier pour qu’elles épaulent aussi leurs époux qui n’ont pas d’emploi", soutient la débrouilleuse.

Pour avoir la marchandise moins chère et se faire plus de bénéfices, la majorité d’entre ces femmes traversent chaque matin la frontière Rwando- Congolaise, Les tensions politiques entre les deux pays qui durent depuis une décennie ne les préoccupent pas. Pour elles, c’est la survie de leur famille qui passe en premier.

Leve-tôt

Mais à la frontière, il faut être matinale pour traverser et revenir vite.

Les tricycles des handicapés font de vas-et-vient toute la journée dans le deux sens de la frontière, transportant des marchandises d’un pays à l’autre.

"Ce qui m’a motivé, c’était pour combattre la pauvreté dans ma famille et être autonome", se défend Madelaine Mbambu.

Assistance-credit

Faire accéder ces femmes aux crédits dans micro finance, c’est la lutte que mène Justince Masika, activiste des droits de la femme dans la région avec son organisation Synergie des femmes.

"Le problème c’est la guerre, et avec la guerre il n’y a pas d’emploi. Le peu de gens qui travaillent ont un salaire insignifiant. Nous nous battons pour regrouper ces femmes pour qu’elles accèdent au crédit. Nous voulons que les autorités les exonèrent de certaine taxes, mais c’est un peu difficile avec notre gouvernement qui veut maximiser les recettes", plaide Mme Masika.

Le contexte de la guerre et de conflit à répétition ont fait fuir les investisseurs dans la région.

Plus de 80 % de la population active est au chômage et pour le peu qui ont un petit emploi, le salaire reste maigre pour nouer les deux bouts du mois.

Les femmes ont donc pris le relais dans le commerce informel, et elles s’en sortent tant bien que mal.

Reportage de Charly Kaseraka à Goma

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