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Extradition du guinéen Toumba Diakité : un "grand pas" vers le procès selon les ONG

  • VOA Afrique

Le chef de la junte militaire Moussa Dadis Camara avec son aide de camp, le lieutenant Aboubacar "Toumba" Diakité, à droite, à Conakry, le 2 octobre 2009.

Le chef de la junte militaire Moussa Dadis Camara avec son aide de camp, le lieutenant Aboubacar "Toumba" Diakité, à droite, à Conakry, le 2 octobre 2009.

L'extradition à Conakry du militaire guinéen Aboubakar Sidiki Diakité, dit Toumba Diakité, recherché pour le massacre d'opposants en 2009, est "un grand pas vers un procès" dans ce dossier, se sont félicitées des ONG de défense des droits de l'Homme.

Toumba Diakité, médecin militaire ayant le grade de commandant, a été l'aide de camp de l'ex-chef de la junte qui a dirigé la Guinée pendant un an, en 2008-2009, le capitaine Moussa Dadis Camara, qu'il avait ensuite tenté de tuer.

Arrêté en décembre au Sénégal, il a été extradé dimanche soir vers la Guinée et écroué après son arrivée à Conakry.

Les ONG félicitent l'extradition

C'est "un grand pas vers la tenue d'un procès" sur ce massacre, affirment des ONG, dont la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH), l'Organisation guinéenne de défense des droits de l'Homme (OGDH) et l'Association des victimes, parents et amis du 28 septembre 2009 (Avipa), dans un communiqué.

Rappelant aux autorités guinéennes "leur engagement de tenir le procès en 2017", les ONG les pressent d'"assurer la présence" à ce procès de Moussa Dadis Camara, en exil au Burkina Faso, où il a été inculpé en juillet 2015 par des magistrats guinéens pour son implication présumée dans le massacre.

"Nous souhaitons maintenant que le procès s'ouvre avant le prochain anniversaire du massacre", a précisé Asmaou Diallo, présidente de l'Avipa, citée dans ce communiqué.

Pour François Patuel, chercheur d’Amnesty International sur l’Afrique de l’Ouest : "l’extradition de Toumba Diakité, inculpé pour plusieurs crimes commis par des éléments des forces de sécurité le 28 septembre 2009 contre plus d’une centaine de personnes rassemblées au stade de Conakry, constitue une avancée pour la justice et l’établissement de la vérité."

"Plus de sept ans après les faits, les victimes et leurs familles attendent toujours que justice leur soit rendue. Les autorités guinéennes doivent maintenant s’assurer que le procès ait lieu dans les meilleurs délais, qu’il soit équitable et conforme aux standards internationaux", a-t-il conclu dans un communiqué.

Identité d'emprunt

Toumba Diakité a été arrêté le 16 décembre par des gendarmes à Dakar, où il vivait sous une identité d'emprunt après avoir subi plusieurs changements d'apparence, selon la gendarmerie sénégalaise.

La justice sénégalaise a autorisé le 10 janvier son extradition, avalisée un mois plus tard par décret du président sénégalais Macky Sall.

Il était recherché pour son implication présumée dans le massacre perpétré le 28 septembre 2009 par des militaires dans un stade de Conakry où étaient rassemblés des milliers d'opposants à la candidature à l'élection présidentielle de Moussa Dadis Camara.

Au moins 157 personnes avaient été tuées et 109 femmes violées dans le stade et ses environs, selon la commission internationale d'enquête de l'ONU.

Toumba Diakité a ensuite tenté le 3 décembre 2009 d'assassiner M. Camara, lui reprochant de vouloir lui faire porter l'entière responsabilité du massacre.

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