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Taipei accuse Pékin de faire pression sur Nairobi


Le Premier ministre chinois Li Keqiang, à gauche, et le président Uhuru Kenyatta du Kenya applaudissent après la signature de l'accord Standard Gauge Railway avec la Chine à la State House à Nairobi, 11 mai 2014.

Le Premier ministre chinois Li Keqiang, à gauche, et le président Uhuru Kenyatta du Kenya applaudissent après la signature de l'accord Standard Gauge Railway avec la Chine à la State House à Nairobi, 11 mai 2014.

Les autorités taïwanaises accusent Pékin d'avoir "enlevé" ses ressortissants, parlant de 45 Taïwanais soupçonnés d'escroquerie que le Kenya est en train d’expulser.

Pour Taipei, Pékin a "illégalement" exercé des pressions sur Nairobi afin d'obtenir l'expulsion vers la Chine continentale de huit citoyens taïwanais, pourtant mis hors de cause par la justice kényane dans une affaire de cyber-escroquerie.

Un groupe de 67 personnes originaires de Taïwan et de Chine continentale devaient être expulsées mercredi du Kenya vers la Chine, 10 autres ayant déjà fait l'objet d'une mesure similaire ce week-end, a indiqué l'agence officielle Chine nouvelle, citant la police chinoise.

Sur ce total de 77 suspects, 45 sont des Taïwanais, selon l'agence.

Le directeur du Bureau chinois des Affaires taïwanaises, Zhang Zhijun, a informé Taipei qu'"un groupe de résidents taïwanais suspectés d'avoir réalisé des fraudes par voie électronique sont détenus par notre agence de sécurité publique", a annoncé mardi soir Chine nouvelle.

"Les Taïwanais suspectés de fraude auraient créé une base à l'étranger afin d'escroquer à une fréquence croissante des personnes" de Chine continentale, a déclaré M. Zhang, selon l'article, également publié sur le site internet du Bureau.

"Ces criminels doivent être traduits en justice", a indiqué Zhang Zhijun.

"Les organes judiciaires de la Chine continentale ont, de façon légale, juridiction pour traiter du cas des suspects rapatriés", a renchéri le ministère de la Sécurité publique, cité par Chine nouvelle.

Pékin considère Taïwan comme une province de Chine, à récupérer par la force si nécessaire, même si le territoire insulaire vit sa propre destinée depuis 1949 et la fin de la guerre civile chinoise, à l'issue de laquelle les nationalistes du Kuomintang (KMT), vaincus, s'étaient réfugiés sur l'île.

Les relations entre la Chine continentale et Taipei ont souvent été tendues, mais les liens politiques et commerciaux se sont raffermis depuis une décennie sous l'impulsion du KMT.

Les présidents chinois Xi Jinping et taïwanais Ma Ying-jeou se sont rencontrés en novembre lors d'un sommet historique, le premier entre les deux camps depuis 1949.

Cependant, la victoire écrasante en janvier à l'élection présidentielle taïwanaise de Tsai Ing-wen, candidate d'un parti pro-indépendance, pourrait amener Pékin à adopter une position plus ferme.

Signe de tensions accrues, Pékin a rétabli récemment ses relations diplomatiques avec la Gambie, Etat africain qui reconnaissait précédemment Taïwan.

Taipei a déclaré mercredi avoir engagé des poursuites au Kenya contre plusieurs hauts dirigeants, accusés d'avoir ignoré la décision de justice innocentant certains suspects.

Ces dirigeants "ont autorisé la police kényane à passer outre des jugements, à maintenir illégalement en détention nos citoyens pendant plus de 24 heures, et à collaborer illégalement avec des officiels de Chine populaire pour les expulser en Chine", s'est indigné le ministère taïwanais des Affaires étrangères dans un rapport au Parlement.

Des hauts responsables taïwanais espèrent également se rendre en Chine continentale d'ici deux ou trois jours afin de discuter de l'affaire, a déclaré Andrew Hsia, chef du Conseil taïwanais des affaires continentales.

"Taïwan fait du grabuge (...) mais qu'on ne s'attende pas à ce que la Chine continentale cède face à ces actes (criminels) déplorables", a pour sa part martelé mercredi un éditorial du quotidien officiel Global Times, proche du Parti communiste chinois.

"Le traitement de l'affaire par la Chine continentale est soutenu par le droit international", a-t-il ajouté.

Avec AFP

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