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L'ex-rebelle congolais arrêté par la Cour pénale internationale entame son 12e jour de grève de la faim


L'ancien chef de guerre congolais Bosco Ntaganda entre dans la salle de la Cour pénale internationale lors de son premier jour de procès à La Haye, Pays-Bas, le 2 septembre 2015.

L'ancien chef de guerre congolais Bosco Ntaganda entre dans la salle de la Cour pénale internationale lors de son premier jour de procès à La Haye, Pays-Bas, le 2 septembre 2015.

L'ex-chef de guerre congolais Bosco Ntaganda a entamé lundi son 12e jour de grève de la faim dans sa cellule au Pays-Bas, refusant toujours de comparaître à son procès pour crimes contre l'humanité à la Cour pénale internationale (CPI).

L'accusé, qui avait assuré récemment "être prêt à mourir", proteste contre ses conditions de détention et accuse la Cour de ne pas lui accorder un procès équitable. Il n'est pas apparu devant les juges de la CPI depuis le 7 septembre.

Bosco Ntaganda avait plaidé non-coupable de treize crimes de guerre et cinq crimes contre l'humanité, dont meurtres, pillages, attaques contre des civils, viols et esclavage sexuel, commis par ses troupes en 2002-2003 en Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC).

L'ancien chef de guerre congolais, né le 5 novembre 1972, est le premier accusé a avoir jamais entamé une grève de la faim dans les prisons de la CPI.

Le juge Robert Fremr a prévenu la défense que sa patience était "presque à bout" et estimé que le comportement de l'accusé était inacceptable.

"Combien de temps cette situation va-t-elle durer ? Est ce là le type de justice que nous vouloir avoir devant la CPI ?", a déclaré pour sa part son avocat Stephane Bourgon, dans un communiqué publié lundi. "Nous ne pouvons ignorer l'absence de l'accusé dont la santé actuelle ne cesse de se détériorer", a-t-il ajouté.

La Cour a ordonné que le procès se poursuive en son absence, malgré le fait que l'accusé ait ordonné à son équipe de défense d'arrêter de le représenter en son absence.

Après sa nouvelle non comparution lundi, le jugeRobert Fremr a indiqué qu'un officier du centre médical pénitentiaire avait estimé dans la matinée que Ntaganda "montre de signes de fatigue, sans symptôme alarmant du point de vue physique ou mental". Cet expert médical a conclu que Ntaganda était en état d'être transféré devant la Cour pour assister à son procès.

Dénonçant de nouveau le comportement de Ntaganda, le juge Fremr a ajouté que le tribunal "n'avait pas d'autre alternative que de poursuivre les auditions".

Dans une longue déclaration lue le 13 septembre par son avocat, l'ancien chef rebelle avait assuré ne "plus avoir aucun espoir" de voir ses enfants "dans des conditions normales".

Cette déclaration intervenait alors que les juges avaient refusé de lever les restrictions imposées sur ses contacts avec l'extérieur, après des inquiétudes au sujet d'intimidations présumées de témoins. Les juges ont néanmoins répété que rien dans ces conditions de détention n'empêchait les visites familiales

Des responsables de la CPI ont indiqué à l'AFP qu'ils ne forceraient pas l'ex-rebelle à s'alimenter.

"La Cour suit un protocole international. Mr Ntaganda est régulièrement vu par des médecins et on ne le forcera pas à s'alimenter", a indiqué la CPI.

Souvent surnommé "Terminator", Bosco Ntaganda, aurait joué avec ses troupes des Forces patriotiques pour la libération du Congo (FPLC) un rôle central dans les violences ethniques et attaques menées contre les civils en Ituri.

Général dans l'armée congolaise de 2007 à 2012, il était le fugitif le plus recherché dans la région des Grands Lacs jusqu'à ce qu'il se rende, de manière inopinée, à l'ambassade américaine de Kigali, au Rwanda, en mars 2013, pour demander son transfert à la CPI.

Les conflits dans le nord-est de la RDC, qui ont impliqué les armées d'au moins six nations africaines dans cette région riche en minerais, ont entraîné des violences inouïes sur les civils, causant la mort de trois millions de personnes, selon les ONG, et créé une instabilité profonde dans l'Est congolais.

Avec AFP

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