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Européens et Africains en quête de solutions communes face aux migrations


African Migrants Project Banner/Photo

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Débordée par l'afflux de réfugiés, l'UE va demander à l'Afrique d'accepter davantage de retours de ses migrants irréguliers indésirables en Europe, contre la promesse d'une aide au développement renforcée, lors d'un sommet qui s'ouvre mercredi à Malte.

Les dirigeants des 28 Etats membres de l'UE et de 35 pays africains, représentés, veulent s'attaquer ensemble à La Valette aux "causes profondes" qui poussent encore tant d'Africains à partir de chez eux.

"Ce sommet est un sommet pour agir", a déclaré mardi le président du Conseil européen, Donald Tusk, devant le parlement de la petite île méditerranénne.

Le sommet débutera en fin d'après-midi et se prolongera jeudi. Il sera suivi d'une réunion informelle des seuls dirigeants européens, convenus de faire une nouvelle fois le point sur une crise migratoire qui ne connaît pas de répit à l'approche de l'hiver. "Cette année, selon les statistiques les plus récentes, quelque 1,2 million de personnes sont entrées illégalement dans l'UE, principalement par la mer", a rappelé mardi M. Tusk.

Dernier rebondissement dans cette crise qui met à mal la cohésion de l'Union européenne, la Slovénie a annoncé qu'elle allait dresser des "obstacles techniques" à sa frontière avec la Croatie, y compris des clôtures "si nécessaire", selon le Premier ministre Miro Cerar.

Pour la chancelière allemande Angela Merkel, qui sera présente à Malte, cette annonce renforce la pression sur l'UE pour trouver une solution à la sécurisation de sa frontière extérieure entre la Turquie et la Grèce.

La rencontre de La Valette avait été programmée dès le printemps dernier, au lendemain d'un naufrage dramatique dans lequel 800 migrants étaient morts noyés en Méditerranée centrale, une "route" empruntée par des milliers de migrants africains.

Depuis, l'attention s'est déplacée vers celle des Balkans et des demandeurs d'asile syriens toujours plus nombreux, mais les flux venant d'Afrique n'ont pas cessé. Et les Européens sont décidés à dissuader ceux qu'ils ne considèrent pas comme des réfugiés, sauf exceptions comme les Érythréens.

Ces derniers étaient les plus nombreux parmi les plus de 140.000 migrants arrivés en Italie par la mer en 2015, mais l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a aussi dénombré plus de 19.000 Nigérians, et des milliers de Somaliens, Soudanais et Gambiens.

- Ne pas fermer les portes de l'UE -

Contrairement à l'afflux de réfugiés syriens, les migrations en provenance d'Afrique sont un "problème de long terme", souligne un diplomate européen. A La Valette, "nous voulons prendre en compte tous ses aspects: l'instabilité, le climat, la pauvreté, la lutte contre les passeurs, les retours et réadmissions", explique-t-il.

Ce dernier point devrait être l'un des plus épineux: les pays africains sont vexés du "deux poids, deux mesures" entre le traitement de leurs ressortissants et celui des demandeurs d'asile syriens, et demandent aux Européens de ne pas totalement fermer leurs portes.

Le sommet de La Valette devrait déboucher sur un "plan d'action", avec des projets concrets à réaliser d'ici la fin 2016, censés répondre aux préoccupations des deux parties.

Pour inciter certains pays africains à "réadmettre" sur leur territoire davantage de migrants renvoyés d'Europe, des aides financières mais aussi logistiques seront proposées, avec des plans de réinsertion ciblés.

M. Tusk a également indiqué que les Européens demanderaient à leurs partenaires africains l'envoi de fonctionnaires en Europe pour les aider à identifier ceux qui n'ont pas vocation à rester sur le vieux continent.

Alors que les fonds envoyés par la diaspora en Afrique sont bien supérieurs aux montants de l'aide au développement, le plan devrait se pencher sur des moyens de réduire les frais facturés sur ces transferts.

Les pays africains demandent que soient développés des "canaux de migration légale" (de tourisme, d'études, de travail), mais les dirigeants européens, inquiets des réactions de leurs opinions publiques, sont très frileux en la matière.

- 'Externalisation' du problème migratoire -

Pour fixer les Africains sur leur continent, l'UE veut aussi promouvoir des initiatives génératrices d'emplois et stimuler l'investissement, notamment en milieu rural. Elle promet d'aider le continent face à ses migrations internes, en aidant des pays accueillant eux-mêmes de nombreux migrants, comme le Soudan, le Cameroun ou l'Ethiopie.

Un accord spécifique avec l'Ethiopie doit notamment être annoncé à La Valette.

Amnesty international craint justement la multiplication d'accords bilatéraux discrets à La Valette. "L'UE cherche à externaliser son problème migratoire", déplore Iverna McGowan, une responsable de l'ONG, dans un entretien à l'AFP, craignant que cet empressement ne conduise les Européens à conclure des accords "très vaguement formulés en termes de droits de l'Homme ou n'incluant pas du tout de dispositions en la matière".

Pour financer les initiatives qui naîtront à Malte, l'UE va lancer un Fonds fiduciaire pour l'Afrique. La Commission y versera 1,8 milliard d'euros et a exhorté les Etats membres à y contribuer aussi, afin de doubler la mise.

Ces nouveaux moyens financiers viendront s'ajouter aux plus de 20 milliards d'euros d'aide au développement versée chaque année par l'UE et ses Etats membres à l'Afrique.

Avec AFP

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