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Euro-2016/Tirage au sort : la sécurité tête de série


Un mois après les attentats, le tirage au sort de l'Euro-2016 en France (10 juin - 10 juillet) aura lieu samedi à Paris avec une obsession dans la tête des organisateurs: assurer une protection maximale du troisième événement sportif mondial et de ses spectateurs.

En raison du contexte, le Palais des Congrès de Paris, où se concentrera la crème du football mondial pour ce tirage prévu à 17h00 GMT, sera plus surveillé que jamais.

Premier signe concret du fait que les organisateurs de l'Euro (7 millions de visiteurs annoncés) ont remis le dossier Sécurité sur le haut de la pile, à six mois du coup d'envoi et un mois après les attaques du 13 novembre (130 morts et des centaines de blessés dans Paris et aux abords du stade de France durant le match amical France-Allemagne).

"Le risque terroriste, depuis la rédaction du dossier de candidature, est considéré comme un risque clé, maximal", a indiqué à l'AFP le 14 novembre le patron du comité d'organisation, Jacques Lambert.

"Après les attentats (de janvier comme de novembre), nous avons juste procédé à une réévaluation. De risque théorique, nous sommes passés à un risque palpable. Cela renforce la nécessité d'être plus vigilant, plus rigoureux." Ce qui vaut pour toutes les parties prenantes, Etat, villes hôtes et comité d'organisation, émanation de l'UEFA.

Incertitudes sur les fans-zones

Avant même cette réévaluation, forcément synonyme de révision budgétaire à la hausse, certaines des dix villes hôtes (Lille, Lens, Saint-Denis, Paris, Lyon, Saint-Etienne, Bordeaux, Toulouse, Nice, Marseille) ont déjà tiré les conséquences du contexte post-13 novembre. Car l'UEFA ne prend en charge que la sécurité des stades, camps de base et hôtels officiels.

C'est ainsi que Toulouse et Saint-Etienne ont fortement remis en cause l'organisation des fans-zones, ces périmètres festifs que l'UEFA recommande d'installer au coeur des villes pour accueillir les supporters avant et pendant les matches.

Si Paris et Marseille ont confirmé leur programme initial, d'autres villes attendent d'avoir établi un diagnostic des besoins budgétaires et les propositions concrètes de l'Etat et de l'UEFA avant de décider du sort de leur fans-zone.

Le 24 novembre, Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur, avait réaffirmé vouloir tout faire "pour que les fans-zones puissent être organisées" à plusieurs conditions: généralisation de la vidéosurveillance et de la palpation aux points de contrôle, augmentation du nombre d'agents de sécurité et contrôle accru des employés et fournisseurs ayant accès aux fans-zones.

Le ministre a, par ailleurs, annoncé une évaluation des besoins supplémentaires site par site, qui devrait débuter en janvier, et un partage du surcoût sécuritaire entre les trois entités: Etat, Villes hôtes et l'UEFA.

Hooliganisme 'secondaire'

Plus que jamais donc, "les fans-zones seront ce que les villes décideront d'en faire" selon la formule de l'UEFA. Libre même à Toulouse ou Saint-Etienne d'y renoncer.

Concrètement, des portiques et des caméras de vidéo-surveillance devraient y être installés et -- point le plus épineux en raison du manque de personnel-- un millier d'officiers privés de sécurité supplémentaires recrutés. "La capacité des sociétés de sécurité privées à répondre aux appels d'offres conditionnera la dimension des fans-zones" selon Alain Juppé, maire de Bordeaux et président du club des villes hôtes.

L'UEFA étudiera à la loupe le tirage au sort de samedi pour déterminer les matches potentiellement générateurs d'incidents, notamment entre supporteurs. Mais c'est pour elle une routine.

"On n'a jamais le même dispositif pour deux matches différents, explique Jacques Lambert. "Une fois le tirage au sort terminé, chaque match fera l'objet d'une évaluation de notre part, au niveau des services de sécurité français et surtout dans les échanges avec les polices des pays concernés. Cela déterminera le niveau de risque du match et donc le dispositif de sécurité".

"Honnêtement désormais, les risques liés au hooliganisme sont très nettement secondaires par rapport aux risques terroristes, reprend Jacques Lambert. On ne les néglige pas mais ce n'est pas là que l'on a le plus de crainte."

Avec AFP

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