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Euro-2016 - Portugal : Ronaldo et les siens rentrent en héros


Ronaldo avec le trophée, Stade de France à St-Denis, le 10 juillet 2016.

Ronaldo avec le trophée, Stade de France à St-Denis, le 10 juillet 2016.

Cristiano Ronaldo, capitaine-courage blessé, Pepe bad boy-ministre de la défense et Fernando Santos, stratège-sélectionneur: Lisbonne attend ce lundi les héros du Portugal, vainqueurs de l'Euro face à la France dimanche soir (1-0 a.p.).

Ce premier titre international regonfle le moral des Portugais: il plonge dans l'allégresse tout un pays, qui peine à remettre son économie à flots après des années de crise et s'est attiré des menaces de sanctions de la Commission européenne à cause de ses déficits.

"C'est un trophée pour tous les Portugais, tous les immigrés, tous les gens qui ont cru en nous", a savouré Cristiano Ronaldo après le match.

La sélection et son encadrement doivent arriver vers 10H00 GMT à Lisbonne et être reçus à 12H30 GMT par le président Marcelo Rebelo de Sousa, qui va leur décerner le titre de commandeur de l'ordre du mérite. La fête promet d'être tellurique dans ce pays fou de foot.

"Nous sommes les meilleurs d'Europe. Nous avons montré de quoi nous sommes faits: résistants, unis, capables de surmonter toutes les difficultés. Demain nous aurons de nombreux Portugais pour accueillir la sélection à l'aéroport", a déclaré le président.

- Larmes -

Quelle ironie! Le Portugal a conquis son premier titre en ruinant les espoirs du pays organisateur, la France. C'est exactement ce qui lui était arrivé en finale de l'Euro-2004 lorsque la Grèce l'avait battu chez lui (1-0), à la surprise générale. Cette défaite fut un drame national. C'est oublié.

"CHAMPIONS! Vous êtes très grands! Félicitations!", a tweeté Luis Figo, star de la Selecçao en 2004. A ses côtés évoluait alors un jeune prodige de 19 ans qui avait terminé cette finale maudite en larmes.

Cristiano Ronaldo en a 31 aujourd'hui, est devenu une icône planétaire et a à nouveau pleuré de rage et de douleur dimanche, avant une issue finalement heureuse.

Blessé au genou gauche dès la 8e minute, il a dû quitter les siens sur une civière, en pleurs, un quart d'heure plus tard. Mais ce sont bien des larmes de joie qu'il a pu verser après le match grâce au but victorieux de son compatriote Eder en prolongation.

Ce but a permis à Ronaldo de soulever le trophée lors de la cérémonie finale. Auparavant, il s'était mué en sélectionneur bis, encourageant et motivant ses partenaires depuis le banc de touche, aux côtés du "vrai" coach, Fernando Santos.

La victoire a déclenché des scènes de liesse au Portugal à l'issue du match. Dans la fan zone de Lisbonne, la foule en délire, estimée à plus de 50.000 personnes, a laissé exploser sa joie pendant que les pétards d'un feu d'artifice retentissaient au-dessus de l'écran géant installé face aux rives du Tage.

- Gorge serrée -

Loin, très loin de ces scènes de joie, la France se réveille amère lundi. Elle a manqué son quatrième titre après les Euros de 1984 et 2000 et le Mondial de 1998.

Le Président de la République François Hollande recevra quand même les Bleus à déjeuner à partir de 11H00 GMT. Certains joueurs auront sans doute la gorge serrée.

"On va passer des vacances de m...e", a lancé sèchement André-Pierre Gignac. L'ancien joueur de Marseille, exilé au Mexique dans le club des Tigres de Monterrey, a eu une occasion en or, mais sa balle a trouvé un poteau sortant dans les arrêts de jeu du temps réglementaire.

Meurtrie par les attentats de 2015, plombée par la crise économique et un climat social toujours lourd, la France souhaitait ardemment vivre une parenthèse enchantée grâce à une victoire.

Mais les Bleus n'ont pas à rougir. Les hommes du sélectionneur Didier Deschamps ont été au-delà de l'objectif assigné avant le tournoi, les demi-finales. Ils ont peut-être joué à ce stade de la compétition leur vraie finale en battant les Allemands champions du monde (2-0) jeudi.

Les joueurs de la génération Paul Pogba ont rempli une autre mission cruciale en réconciliant une nation avec sa sélection.

Ce n'était pas gagné si on repense à 2010 et cette grève de l'entraînement en pleine Coupe du monde en Afrique du Sud.

"C'est une énorme déception", a toutefois avoué Deschamps. "C'est très dur, il faudra l'accepter et le digérer".

Avec AFP

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