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Euro 2016 : la fièvre en Islande avant le choc contre la France


Gylfi Thor Sigurdsson, joueur de l’Islande, à gauche, aux prises avec Miso Brecko de la Slovénie lors d'un match de qualification de football du groupe E de la Coupe du Monde entre la Slovénie et l'Islande à Ljubljana, en Slovénie, 22 mars 2013. (AP Photo / Filip Horvat, File)

Gylfi Thor Sigurdsson, joueur de l’Islande, à gauche, aux prises avec Miso Brecko de la Slovénie lors d'un match de qualification de football du groupe E de la Coupe du Monde entre la Slovénie et l'Islande à Ljubljana, en Slovénie, 22 mars 2013. (AP Photo / Filip Horvat, File)

Pas simple de trouver le maillot national, un avion pour Paris ou une place devant l'écran géant de Reykjavik: les Islandais se préparent fiévreusement au choc contre la France en quarts de l'Euro-2016 dimanche soir.

"Une fois dans une vie". L'expression revient tout le temps dans la bouche des Islandais, qui n'avaient jamais vu leur équipe de football participer à un grand tournoi, et qui profitent de chaque seconde.

Première mission, acheter le maillot bleu. C'était la rupture de stock à Reykjavik depuis lundi. Et vendredi, enfin, le magasin Joi Utherji devait recevoir un arrivage.

Espoir déçu. "Un chargement attendu aujourd'hui (vendredi) pour une raison ou une autre n'est pas arrivé. Il est coincé en Allemagne, je pense. J'ai entendu ça. Donc pas de maillots jusqu'à lundi", constate amèrement le gérant, Valdimar Magnusson.

L'Euro a été une bonne affaire quand même. "On a déjà vendu quelques milliers de maillots. Et des tas de chapeaux, et des écharpes, et tout ce qui a rapport à l'équipe nationale".

L'équipementier italien Errea assurait faire de son mieux. "On est sur des milliers et des milliers de maillots vendus. Et on travaille nuit et jour pour livrer l'Islande", dit le responsable export, Fabrizio Taddei.

Aller en France, c'est compliqué aussi. Les vols pour Paris, directs ou avec correspondance, ont été pris d'assaut. Beaucoup de voyageurs font des détours en atterrissant ailleurs, quitte à continuer en train ou en voiture. Tous les moyens sont bons, du moment qu'on arrive.

Ludvik Kristinnsson part "avec trois amis" via Bruxelles, hélas sans la tunique convoitée. "Ça arrive. C'est comme ça et j'essaie d'appeler mes amis (pour voir) s'ils en ont en réserve".

30.000 personnes espérées

On ne sait pas comment il va au Stade de France, mais le futur président islandais Gudni Johannesson, élu samedi, et qui sera investi le 1er août, sera au rendez-vous.

"Je serai dans les tribunes avec les fans et je porterai mon maillot islandais (...) Pourquoi irais-je dans le salon VIP siroter du champagne quand je peux le faire n'importe où dans le monde?", a-t-il expliqué à CNN.

Ceux qui restent sur l'île semblent les moins mordus de foot. Mais pas de doute, ils sont dingues de cette équipe.

"J'ai rencontré des gens qui n'avaient jamais regardé de foot. Ils n'aiment pas le football, mais tout le monde est fan de foot en Islande aujourd'hui", raconte Gunnar Lar Gunnarsson, de Manhattan Marketing, la société qui installe l'écran géant.

Pour les trois matches de poule, une petite "fan zone" rappelant celles qu'on voit en France avait été installée sur une place du centre de Reykjavik, Ingolfstorg.

Dès Angleterre-Islande en huitième de finale, il a fallu voir plus grand: le parc Arnarholl, qui a l'avantage d'être en pente. C'est devenu un vrai "kop" de 10.000 personnes, avec vue sur l'océan.

Combien de spectateurs contre la France? "J'espère 30.000 personnes! Mais je pense que nous en aurons entre 20 et 30.000", répond-il.

Comme la météo s'annonce favorable (frais mais ensoleillé), il n'y aura peut-être pas de place pour tout le monde. Au pire, les bars alentour offrent un repli.

Pour échapper à la folie du ballon rond, direction la grande attraction touristique du pays, le Lagon bleu. Quand on appelle, la réception le promet: les fameux thermes aux eaux chaudes, écumantes, lieu de relaxation, restent imperméables à l'Euro. Pour l'instant.

Avec AFP

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