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Euro-2016 - Heurts à Lille et match diplomatique France-Russie


Des supporters des équipes française et albanaise, ensemble à Marseille, le 15 juin 2016. (AP Photo/Ariel Schalit)

Des supporters des équipes française et albanaise, ensemble à Marseille, le 15 juin 2016. (AP Photo/Ariel Schalit)

Charges de CRS et nuage de lacrymos... Des heurts ont eu lieu tard mercredi soir à Lille en marge de l'Euro, au terme d'une journée marquée par de nouvelles arrestations liées aux violences de Marseille et par des tensions diplomatiques entre la France et la Russie.

Vers 23h30, les forces de l'ordre ont tiré des gaz lacrymogènes en direction de quelque 200 supporters anglais, alcoolisés et en train de chanter, près de la gare de Lille Flandres, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Une charge les a dispersés, alors que de nombreux supporters, en majorité français, quittaient la fan zone située à proximité après la fin du match France-Albanie disputé à Marseille et retransmis sur écrans géants.

Il y a également eu quelques affrontements entre Anglais et Français.

La présence policière était impressionnante : plus de 3.900 agents étaient mobilisés mercredi dans le département du Nord, dont plus de 1.900 policiers de la sécurité publique, des CRS et des gendarmes. De premiers heurts avaient eu lieu en fin d'après-midi entre forces de l'ordre et supporters britanniques.

Car deux matches à risques se succèdent en deux jours dans la région: Russie-Slovaquie, qui a eu lieu mercredi après-midi à Lille, puis Angleterre - pays de Galles, qui se jouera jeudi à Lens, à 35 km de là.

Objectif des autorités : éviter les scènes de guerilla urbaine qui ont assombri le début de l'Euro, avec de violents affrontements entre hooligans russes et supporters anglais, samedi à Marseille en marge d'Angleterre - Russie.

- "Sentiments antirusses" -

Six Russes impliqués dans ces violences ont été interpellés dans le Nord, ont annoncé les autorités mercredi. Ces interpellations ont été menées grâce à la "coopération entre les services de la police de Marseille et ceux de Lille", ont-elles indiqué.

Mardi, 43 autres supporters russes qui allaient se rendre à Lille avaient été arrêtés à Mandelieu-la-Napoule (sud de la France), toujours dans l'enquête sur les violences de Marseille.

L'interpellation de ces 43 Russes, dont onze ont depuis été remis en liberté, a provoqué mercredi des tensions entre Moscou et Paris.

C'est "un incident absolument inadmissible", a tonné le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, devant la Douma (chambre basse du Parlement).

En déplacement en Allemagne, son homologue français, Jean-Marc Ayrault, a assuré en fin de journée que les supporters russes étaient soumis aux mêmes règles que les autres et que "la justice française (les) traite de la même façon". "Il s'agit de ne montrer personne du doigt, aucun pays en particulier", a-t-il insisté.

Moscou a également convoqué l'ambassadeur de France, Jean-Maurice Ripert, pour protester. "L'attisement des sentiments antirusses (durant l'Euro) est susceptible d'aggraver considérablement l'atmosphère des relations franco-russes", a menacé le ministère des Affaires étrangères après cette convocation.

Les 43 Russes interpellés ont été placés en garde à vue puis transférés à Marseille mardi. Onze ont été remis en liberté et les trente-deux autres étaient toujours en garde à vue mercredi après-midi, pour un maximum de 48 heures.

Alexandre Chpryguine, président de l'Association des supporters russes et collaborateur du député Igor Lebedev, membre du parti d'extrême droite LDPR, a affirmé sur Twitter être parmi eux, mais sa présence n'a jamais été confirmée par les autorités françaises.

- La France en 8e -

Les hooligans russes, "extrêmement entraînés" selon les autorités, étaient en première ligne lors des rixes à Marseille samedi, mais aucun n'avait été arrêté, ce qui a valu des critiques aux forces de l'ordre. La France, elle, a reproché à la Russie de les avoir laissé quitter le pays pour aller à l'Euro.

A Lille, de premiers heurts avaient eu lieu dès mardi en fin d'après-midi. Parmi les personnes interpellées, trois Russes et un Ukrainien font l'objet d'un arrêté de reconduite à la frontière, selon les autorités. Deux ont été interpellés à cause des heurts, les deux autres pour détention d'arme.

En revanche, Russie-Slovaquie s'est achevé sans violences dans le stade, malgré un fumigène allumé puis rapidement éteint après le but russe. La Russie, pays hôte du Mondial-2018, est menacée de disqualification par l'UEFA au moindre nouvel incident dans un stade impliquant ses supporters.

Loin de cette ambiance électrique dans les rues des villes hôtes, la France, pays organisateur, a fait exploser de joie ses supporters à travers le pays : elle est devenue la première équipe qualifiée pour les 8e de finale grâce à sa victoire contre l'Albanie (2-0), au bout du suspense.

L'Allemagne tentera de la rejoindre jeudi en affrontant la Pologne au Stade de France, autre match classé à risques par crainte de débordements des supporters.

Avec AFP

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