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Euro-2016 - Finale Portugal - France : ferveur populaire pour un derby entre pays frères


Antoine Griezmann au Stade de France à Saint-Denis, France le 29 mars 2016.

Antoine Griezmann au Stade de France à Saint-Denis, France le 29 mars 2016.

La France a un nouveau super-héros, Antoine Griezmann, et un totem, son équipe de football, qui sera portée par un énorme soutien populaire dimanche en finale de l'Euro contre le Portugal, pays avec lequel les liens sont très forts.

Fan zones pleines à craquer, concert de klaxons et drapeaux tricolores dans les rues après la victoire contre l'Allemagne en demi-finale jeudi à Marseille (2-0): la France renoue avec des images qu'elle n'avait plus vues depuis longtemps.

"Il y a beaucoup de ferveur, beaucoup de joie et de bonheur", s'est réjoui le sélectionneur Didier Deschamps.

"Cette communion avec le public, c'est juste génial!", s'est émerveillé Griezmann, nouveau chouchou des Français après son doublé contre l'Allemagne championne du monde (un penalty et un but de renard des surfaces).

"Zinédine Griezmann", l'ont rebaptisé les réseaux sociaux dans une allusion à l'icône Zidane. Meilleur buteur du tournoi (6), Griezmann avoue que lui et ses coéquipiers sont "comme des gamins" à l'idée de tenter de rééditer les sacres à domicile de 1984 (Euro) et 1998 (Mondial), plus celui de l'Euro-2000 organisé en Belgique et aux Pays-Bas.

"On va gagner et ça va faire du bien à tout le monde même à ceux qui n'aiment pas le foot!", pronostique Marion Barois, étudiante aux joues colorées de bleu-blanc-rouge, qui a regardé la demi-finale dans la fan zone de Paris, remplie à craquer par 90.000 supporters.

"Dans un contexte de désenchantement (crise économique, crise du politique, menaces terroristes...), trouver une équipe nationale qui montre son unité dans une compétition à la visibilité mondiale, c'est une source de regroupement" pour la population, souligne à l'AFP Mathieu Quidu, sociologue du sport à l'Université Lyon 1 (centre-est).

Ce sentiment est-il suffisament fort pour avoir des effets durables? "En septembre, à la rentrée, l'effet devrait retomber, avec un retour à la réalité", prévoit M. Quidu.

- Le Portugal presque à domicile -

En attendant le retour sur terre, la France profite de son petit nuage.

"Le plus dur reste à venir: gagner le championnat d'Europe", a déclaré le président de la République, François Hollande, à son arrivée à Varsovie pour le sommet de l'Otan. Son Premier ministre, Manuel Valls, s'est risqué à un pronostic lors d'un déplacement dans l'Aude (sud de la France): "Je suis confiant pour dimanche".

Le Portugal l'est aussi. "100% des Portugais croient en la victoire", selon le milieu de la Selecçao Joao Mario.

Son équipe jouera presque à domicile puisqu'une communauté portugaise très importante vit en France. Avec plus de 600.000 ressortissants selon l'Insee --Institut national des statistiques-- (750.000 selon d'autres chiffres officiels), les Portugais sont la troisième communauté immigrée du pays, juste derrière les Algériens et les Marocains.

Le consulat du Portugal estime même la communauté à 1,2 million de personnes, en comptant les binationaux et les descendants d'immigrés.

Portugal-France, "c'était l'affiche que tout le monde voulait", lance David Dos Santos, binational de 41 ans interrogé par l'AFP dans le département du Val-de-Marne en région parisienne, premier fief de cette communauté en France.

- Deschamps la chance ? -

Le Stade de France, où aura lieu la finale, est une enceinte chargée de symboles. C'est là que la France a remporté la Coupe du monde face au Brésil en 1998 (3-0).

Deschamps est le trait d'union entre 1998 et aujourd'hui. Il était le capitaine des Bleus champions du monde en 1998 et d'Europe en 2000. Il peut maintenant être champion d'Europe des nations une nouvelle fois, mais comme coach, à 47 ans.

Sa supposée chance insolente est un sujet à la fois de plaisanterie et d'admiration pour les supporters français.

La preuve de cette soi-disant bonne étoile? Un tableau facile (Roumanie, Albanie, Suisse au premier tour, Eire en huitièmes puis Islande en quarts) et, en demi-finale, une victoire qui a commencé à se dessiner grâce à un pénalty inattendu, alors que l'Allemagne dominait outrageusement.

Mais dimanche, la chance ne suffira pas face à l'un des meilleurs joueurs du monde, qui a une revanche à prendre.

En 2004, la superstar portugaise Cristiano Ronaldo avait 19 ans et avait fondu en larmes après la défaite en finale de "son" Euro à domicile contre la Grèce. Aujourd'hui, il a 31 ans et a prévenu: "Dimanche, j'espère à nouveau pleurer. Mais de joie".

La dernière fois que lui et Griezmann se sont croisés, le 28 mai en finale de la Ligue des champions, le Portugais l'avait emporté avec le Real Madrid face à l'Atletico Madrid du Français.

De son côté, l'UEFA, organisatrice de l'Euro, en a dressé le bilan financier: il a généré 1,93 milliard d'euros de revenus et coûté 1,1 milliard pour un bénéfice de 830 millions. Soit une augmentation des revenus de 34% par rapport à l'édition 2012, coorganisée par la Pologne et l'Ukraine, notamment en raison du passage du nombre d'équipes de 18 à 24.

Avec AFP

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