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Euro 2016 - Au Brésil : le bourreau français face au cousin portugais


Les joueurs de la France célèbrent après leur victoire sur l’Allemagne en match de demi-finale de l’Euro 2016 au Stade Vélodrome de Marseille, France, 07 juillet 2016.

Les joueurs de la France célèbrent après leur victoire sur l’Allemagne en match de demi-finale de l’Euro 2016 au Stade Vélodrome de Marseille, France, 07 juillet 2016.

A la veille de la finale de l'Euro-2016, certains Brésiliens admirent l'équipe de France, traditionnel bourreau de la Seleçao en Coupe du monde et frais vainqueur de l'Allemagne, quand d'autres soutiennent le Portugal pour des raisons historiques ou familiales.

"La France est le grand favori, parce qu'elle est bien meilleure que le Portugal et que la finale s'est jouée jeudi, contre l'Allemagne", confie à l'AFP Juca Kfouri, analyste brésilien qui fait autorité dans le "futebol".

"Les Brésiliens tendent à soutenir le Portugal pour des raisons historiques, bien sûr, et parce que la tendance humaine est de soutenir les plus faibles", lâche-t-il aussi.

Outre la langue, les deux pays partagent une histoire qui ne répond pas aux canons des colonisations française ou anglaise, si bien que les relations brésilo-portugaises ne s'encombrent pas des mêmes complexes. D'ailleurs, les blagues belges, au Brésil, mettent en scène des Portugais...

Ceux-ci furent les premiers Européens à accoster au Brésil en 1500. C'est là qu'au début du XIXe siècle se réfugie le roi Jean VI, fuyant l'avancée de Napoléon dans la péninsule ibérique. Il y établit la capitale du... Portugal, à Rio de Janeiro. En 1822, son fils Pierre Ier proclamera l'indépendance du Brésil.

Les liens se sont depuis distendus, sans disparaître. Dans le foot, il y a eu de glorieux fils d'immigrés portugais en équipe du Brésil, comme Zico, et vice-versa: Deco hier, Pepe aujourd'hui.

"Nous sommes ensemble et mélangés: on respecte nos frères croates, mais notre lien avec le Portugal est historique!", avait lancé à l'antenne José Luiz Datena, commentateur de la TV Band, pendant Portugal-Croatie en 8e de finale (1-0 a.p.).

'Trace de l'union Brésil-Portugal'

"Le Brésil doit beaucoup au Portugal", avait-il aussi souligné, et son zèle lusophile avait irrité de nombreux Brésiliens, qui l'ont fait savoir sur les réseaux sociaux.

Plusieurs clubs au Brésil gardent le contact avec le Portugal, le plus notoire étant le Vasco, à Rio, dont le stade Sao Januario jouxte le quartier de... Benfica.

Ce club, initialement consacré aux régates, a été fondé en 1898 par une majorité de Portugais, en l'honneur de l'explorateur portugais Vasco da Gama. En 1915, il s'est ouvert au ballon rond en fusionnant avec le club de foot Luzitania SC, qui n'admettait jusqu'alors que des Portugais en son sein.

Le Vasco a depuis noué un partenariat avec le Benfica Lisbonne et n'a pas manqué de faire une visite cordiale à l'équipe du Portugal lors de la Coupe du monde 2014. "En football, tu es une trace de l'union Brésil-Portugal", peut-on entendre dans son hymne.

"Dans le quartier de Sao Cristovao, il y a pas mal de descendants de Portugais qui vont soutenir le Portugal dimanche", dit à l'AFP Charles Figueiredo, ex-professionnel à la carrière vite avortée par une blessure et désormais entraîneur à l'Académie carioca du PSG, devenue un lieu de rassemblement très couru des Français pour voir les matches des Bleus.

"Mais de manière générale, le lien avec le Portugal est présent surtout chez les plus âgés", poursuit ce Brésilien de parents portugais. "Les plus jeunes regardent plutôt du côté de la France et de l'Espagne, où jouent les Brésiliens, comme Thiago Silva au PSG et Neymar à Barcelone".

"Les Brésiliens ont un grand respect pour l'équipe de France car elle les a battus plusieurs fois en Coupe du monde", relève-t-il aussi. "S'ils s'intéressent au Portugal, ce sera pour Cristiano Ronaldo, parce qu'on aime les cracks".

AVec AFP

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