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Euro 2016: à J-5, la France sous la menace du ciel, de grèves et d'attentats


Paris est sous les eaux, photo prise près du pont Bir Hakeim bridge, France, le 4 juin 2016.

Paris est sous les eaux, photo prise près du pont Bir Hakeim bridge, France, le 4 juin 2016.

Inondations, grèves, menaces d'attentats: à cinq jours de l'Euro-2016 de football, l'atmosphère était lourde dimanche en France, où seule une victoire des Bleus dans leur dernier match de préparation a apporté un peu de "sérénité".

Des inondations, provoquées par des pluies torrentielles, ont fait quatre morts en une semaine dans la région parisienne et le centre du pays, et causé des dégâts estimés à 600 millions d'euros par les assureurs.

"La fête malgré tout...", titre en une le Journal du Dimanche (JDD) sur une photo, où figurent des policiers d'élite, sous la pluie, devant le Stade de France.

"On n'a pas besoin de ça actuellement, avec les grèves à répétition, le plan Vigipirate (d'alerte anti-attentat): toutes les autorités sont déjà sur le pont", commente Pascal Derby, 62 ans, en observant les flots tumultueux de la Seine à Paris.

La capitale française, où le coup d'envoi de l'Euro sera donné vendredi soir, a échappé au pire: la Seine est montée à son plus haut niveau depuis 1982, mais a amorcé sa décrue samedi sans causer de dommages sérieux.

Dimanche, la décrue s'y confirmait. Le fleuve, dont les berges restent recouvertes d'eau, n'était plus qu'à 5,77 mètres au dessus de son niveau de référence, contre un pic de 6,10 m.

Mais la vigilance restait de mise en aval du fleuve: la moitié de la Normandie (nord-ouest) a passé la nuit en état d'alerte maximale (rouge) avant de revenir à un seuil intermédiaire (orange) dimanche.

Ailleurs, l'heure était au pompage et au nettoyage. Sur une autoroute inondée, 35 dépanneuses étaient au travail pour dégager 300 véhicules abandonnés face à la montée de eaux. Dans les maisons, les sinistrés frottaient et triaient, dans l'espoir de sauver une partie de leurs biens.

"Incompréhensible"

Au nom de la "solidarité" avec ces victimes, le Premier ministre Manuel Valls a tenté samedi de convaincre les cheminots en grève depuis mardi de reprendre le travail. Cette action, illimitée, est "totalement incompréhensible" dans les zones inondées, a-t-il plaidé.

Le gouvernement socialiste, soucieux de déminer un conflit qui pourrait perturber les transports entre les dix villes hôtes de la compétition, avait déjà appelé les grévistes à faire preuve de "responsabilité" à l'approche de l'Euro.

Ses appels sont pour l'instant restés vains. Seule une moitié des trains grande ligne circulait dimanche.

Pire, les pilotes de la compagnie nationale Air France prévoient de faire grève du 11 au 14 juin.

Ces grèves portent sur des revendications catégorielles mais se greffent sur une vaste fronde contre une réforme du code du travail, qui suscite depuis trois mois des manifestations émaillées de violences, des blocages et des actions coup de poing.

Pour l'instant, le gouvernement et ses détracteurs campent sur leurs positions et une grande manifestation est prévue le 14 juin à Paris.

Pas de risque zéro

La poursuite de cette fronde inquiète des forces de l'ordre déjà extrêmement sollicitées depuis les attentats du 13 novembre à Paris (130 morts).

La France, qui est en état d'urgence, a déployé d'importants moyens pour éviter une répétition de ce drame pendant l'Euro. Plus de 90.000 policiers, gendarmes et agents de sécurité privés vont être déployés pour protéger les stades et les fans-zones, où sont attendus quelque sept millions d'amateurs de football.

"Notre objectif est que l'Euro soit une grande manifestation festive, mais nous devons la vérité aux Français. (...) 100% de précautions, ce n'est pas le risque zéro...", a déclaré récemment le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve.

Une polémique la semaine dernière sur la sélection nationale avait achevé d'assombrir l'humeur des Français.

Ecarté des Bleus après son inculpation dans une affaire de chantage à la sex-tape contre un co-équipier, la star Karim Benzema avait accusé le sélectionneur Didier Deschamps d'avoir "cédé à la pression d'une partie raciste de la France".

En gagnant (3-0) contre l'Ecosse samedi soir, les joueurs de l'équipe de France ont apporté un peu de "sérénité" dans cette drôle d'ambiance, a relevé Didier Deschamps.

Maintenant, "il faut qu'ils se concentrent sur la compétition, qu'ils ne se laissent pas perturber, emporter par le reste", a confié au JDD le président François Hollande, qui doit leur rendre visite dans la soirée.

Avec AFP

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