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Au moins un mort dans l'incendie d'une prison à Addis Abeba en Ethiopie


Une vue générale sur le marché d'Addis Abeba le 11 septembre 2015.

Une vue générale sur le marché d'Addis Abeba le 11 septembre 2015.

Un incendie dans une prison de haute sécurité abritant des prisonniers politiques à Addis Abeba, la capitale éthiopienne, a fait au moins un mort, a annoncé lundi le gouvernement éthiopien, alors que les médias locaux évoquent un bilan beaucoup plus lourd.

Cet incendie a éclaté samedi dans la prison de Qilinto, un centre de détention provisoire où sont enfermés la plupart des individus arrêtés ces derniers mois à la suite de manifestations anti-gouvernementales dans la région Oromo (centre et ouest), qui englobe la capitale.

Le sinistre aurait été suivi de coups de feu, selon des médias locaux et les réseaux sociaux, qui pour certains évoquent un bilan d'au moins 20 morts.

"Une personne a été tuée et six autres ont été légèrement blessées dans l'incendie", a fait savoir le gouvernement dans un communiqué diffusé sur la radio d'Etat Fana.

Des vidéos amateurs, postées sur les réseaux sociaux, montrent un large nuage de fumée s'élevant de la prison, installée en banlieue d'Addis.

Parmi les principales personnalités détenues à Qilinto figurent le vice-président du Congrès national oromo, Bekele Gerba, le secrétaire général adjoint de ce parti, Dejene Tufa, le rédacteur en chef du journal en ligne Negere Ethiopia, Getachew Shiferaw, et le défenseur des droits de l'Homme Yonathan Teressa.

L'Ethiopie est actuellement en proie à un mouvement de contestation anti-gouvernementale sans précédent depuis une décennie, qui a commencé en région oromo (centre et ouest) au mois de novembre et qui s'est étendu depuis quelques semaines à la région amhara (nord).

Ces deux ethnies représentent environ 60% de la population éthiopienne et contestent de plus en plus ouvertement ce qu'ils perçoivent comme une domination sans partage de la minorité des Tigréens, issus du nord du pays, qui occupent les postes-clés au sein du gouvernement et des forces de sécurité.

La répression violente de ces manifestations, qui viennent remettre en cause le fonctionnement du fédéralisme ethnique, a déjà fait plusieurs centaines de morts depuis fin 2015, estiment des organisations de défense des droits de l'Homme.

Avec AFP

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