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Nouvelles manifestations aux Etats-Unis contre Trump


Détention d'un manifestant anti-Trump, Portland, Oregon, le 10 novembre 2016.

Détention d'un manifestant anti-Trump, Portland, Oregon, le 10 novembre 2016.

Plusieurs milliers d'opposants à Donald Trump, attelé à la formation de son administration, ont manifesté pour le deuxième jour consécutif contre son élection à la Maison Blanche, la police évoquant une "émeute" dans l'Oregon.

La poursuite de ces manifestations dans une dizaine de villes à travers les Etats-Unis tranche avec la volonté d'apaisement affichée dès le lendemain du scrutin par le républicain et le président démocrate sortant, Barack Obama.

Dans un tweet, Donald Trump s'en est pris aux médias, accusés d'alimenter les tensions. Après "une élection présidentielle réussie et très ouverte", "des manifestants professionnels, encouragés par les médias" s'opposent au résultat, ce qui est "très injuste", a-t-il dénoncé.

Dans un deuxième message, il évoque de "petits groupes de manifestants" qui font preuve de "passion pour notre grand pays". "Nous allons tous nous retrouver ensemble et être fiers", a-t-il estimé.

Selon la police, une manifestation à Portland dans l'Oregon, marquée par "des comportements dangereux et criminels", a dégénéré "en émeute". Selon des images de chaînes de télévision, des manifestants ont jeté des projectiles sur les forces de l'ordre et vandalisé des magasins.

Parmi les manifestants opposés à l'entrée en fonction en janvier de Donald Trump, 70 ans, figurent de nombreux jeunes et étudiants.

A Baltimore, près de Washington, quelque 300 personnes se sont réunies. "Je n'ai pas élu la haine à la présidence", pouvait-on lire sur des pancartes. "Pas mon président!", scandaient les manifestants.

Sur la côte ouest, traditionnellement démocrate, outre dans l'Oregon, plusieurs centaines d'étudiants ont aussi manifesté à San Francisco et Los Angeles ou certains brandissaient des panneaux affirmant : "L'amour écrase la haine". Des rassemblements ont aussi été signalés à New York, Chicago (nord), Denver (centre-ouest) ou Dallas (sud).

Le fondateur de Facebook Mark Zuckerberg a rejeté jeudi "l'idée folle" que de fausses informations sur son réseau social aient pu contribuer à la victoire surprise de Trump.

- 'Clarifier des positions' -

Donald Trump a commencé à s'entretenir par téléphone avec des dirigeants mondiaux.

Il a invité la Première ministre britannique Theresa May, chargée de mettre en oeuvre la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, à lui rendre visite "aussi vite que possible". Une rencontre avec le chef du gouvernement japonais Shinzo Abe est par ailleurs envisagée la semaine prochaine.

Trois jours après son élection, il s'entretiendra au téléphone avec le président français François Hollande qui a indiqué vendredi vouloir "faire clarifier des positions".

Lors des échanges, "nous devons nous parler franchement", a précisé sur la chaîne de télévision France 2 le chef de l'Etat français qui avait réagi mercredi avec froideur à l'élection du milliardaire et dénoncé dans le passé ses "excès".

Après un discours conciliant dès son élection, le républicain a donné jeudi un signe fort de sa volonté d'endosser son costume de président lors de sa première rencontre en tête-à-tête avec le démocrate sortant Barack Obama.

- 'Bonne alchimie' -

"C'était un grand honneur d'être avec vous", a déclaré sur un ton très posé, presque intimidé, le magnat de l'immobilier qui a, pendant des années, alimenté une campagne de rumeurs mettant en cause le fait que Barack Obama était américain. Plus tard, il a même évoqué une "bonne alchimie" avec le président Obama.

Ce dernier a évoqué "une excellente conversation" avec celui dont il a répété, en campagne, qu'il représentait une menace pour la démocratie américaine. "Nous voulons faire tout ce que nous pouvons pour vous aider à réussir", a-t-il ajouté.

Outre la constitution de son équipe, l'homme d'affaires qui n'a jamais été élu et était parti en solitaire à la conquête du pouvoir, doit aussi d'ici janvier s'allier les caciques du parti républicain, qui contrôlent le Congrès.

Nombreux d'entre eux avaient dénoncé des discours empreints de xénophobie et de sexisme.

L'élection choc de Donald Trump, portée par la colère d'un électorat se sentant ignoré des élites et menacé par la mondialisation, a brisé les rêves de la démocrate Hillary Clinton, donnée gagnante par tous les sondages, de devenir la première femme à accéder à la présidence.

Une fois la sidération passée, la Bourse a rapidement repris ses esprits, alors que les investisseurs s'angoissaient encore la semaine dernière à l'idée d'une présidence Trump: le Dow Jones a battu un record jeudi à Wall Street.

Le Canada et le Mexique se sont dit prêts à renégocier l'Accord de libre-échange nord-américain (Aléna). Donald Trump a plaidé durant sa campagne pour un retour à davantage de protectionnisme aux Etats-Unis, évoquant maintes fois une renégociation, voire une abrogation, de l'Aléna.

Avec AFP

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