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Etats-Unis: la perpétuité pour Abou Hamza al-Masri


Abou Hamza al-Masri, lors de sa comparution en justice à Manhattan, dans la ville de New York

Abou Hamza al-Masri, lors de sa comparution en justice à Manhattan, dans la ville de New York

Huit mois après avoir été reconnu coupable de faits en relation avec une entreprise terroriste, Abou Hamza, de son vrai nom Moustafa Kamel Moustafa, a appris sa sentence.

REUTERS - L'imam radical Abou Hamza al Masri, 56 ans, a été condamné vendredi à la réclusion criminelle à perpétuité, huit mois après avoir été reconnu coupable de faits en relation avec une entreprise terroriste.

En mai dernier, après quatre semaines de procès, les jurés d'un tribunal de Manhattan l'avaient reconnu coupable d'avoir fourni un téléphone satellitaire et des conseils aux ravisseurs d'un groupe de touristes occidentaux au Yémen en 1998. Quatre otages avaient été tués lors d'une opération de secours de l'armée yéménite.

"Vous n'avez exprimé ni compassion ni remords", a déclaré la juge Katherine Forrest, à Manhattan, ajoutant que seule une peine de prison à vie permettrait de s'assurer qu'il n'inciterait pas à nouveau à la violence contre des innocents.

Abou Hamza, de son vrai nom Moustafa Kamel Moustafa, a aussi été jugé coupable d'avoir envoyé deux de ses disciples dans l'Oregon pour y établir un camp d'entraînement islamiste, et un autre en Afghanistan pour y aider Al Qaïda et les taliban.

L'ancien prédicateur d'origine égyptienne de la mosquée londonienne de Finsbury Park, où il prononçait des prêches incendiaires, avait été extradé en octobre 2012 de Grande-Bretagne vers les Etats-Unis à l'issue de plusieurs années de marathon judiciaire.

DISCOURS VIRULENTS

"Abou Hamza n'a pas été condamné pour ses paroles", avait déclaré le procureur fédéral Edward Kim avant le prononcé de la sentence. "Ses crimes se sont vraiment étendus à la planète, du Yémen à l'Afghanistan, jusqu'aux Etats-Unis."

"Je maintiens que je suis innocent", a déclaré Abou Hamza au juge avant d'être condamné.

Ses avocats avaient plaidé pour une peine plus légère que la prison à vie et préconisé qu'il soit détenu dans une unité médicalisée plutôt que dans une prison de haute sécurité, en tant que double amputé.

La juge Forrest a indiqué qu'elle laissait aux autorités pénitentiaires le soin de décider où Abou Hamza devait purger sa peine.

Lors de son procès, Abou Hamza a révélé qu'il avait perdu l'oeil gauche et les deux mains accidentellement, en manipulant des explosifs au Pakistan il y a 21 ans. On avait longtemps cru qu'il avait été blessé en combattant les Soviétiques en Afghanistan.

Lors de son procès, Abou Hamza avait nié avoir envoyé quiconque en Oregon ou en Afghanistan et a affirmé avoir agi comme intermédiaire dans l'affaire des otages au Yémen.

Ses discours virulents ont été utilisés contre lui lors de son procès et lors du prononcé de la peine. La juge Forrest a fait référence à des discours dans lesquels il justifiait le meurtre de non musulmans et glorifiait les attentats du 11 septembre 2001 qui ont fait près de 3.000 morts aux Etats-Unis.

Abou Hamza al Masri avait passé huit ans en prison au Royaume-Uni pour incitation à la violence avant son extradition en 2012 aux Etats-Unis.

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