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Aux Etats-Unis, débat très politique sur les attentats de Paris


John Kerry,et Sergeï Lavrov à Vienne, le 14 novembre 2015.

John Kerry,et Sergeï Lavrov à Vienne, le 14 novembre 2015.

Les républicains estiment que ces attaques terroristes valident leurs critiques à propos de la stratégie d'Obama contre le groupe Etat islamique.

Les Américains ont affiché leur solidarité avec la France après les attentats de Paris, mais la classe politique, surtout conservatrice, a immédiatement porté le débat sur le renseignement, la stratégie de Barack Obama contre les jihadistes et la crise des réfugiés.

La flèche du World Trade Center de New York, la patinoire de l'équipe de hockey de Washington, des immeubles à San Francisco, à Dallas... ont affiché les couleurs du drapeau français vendredi soir. Devant l'ambassade de France à Washington ou le consulat de New York, fleurs, bougies et bouteilles de vin ont été déposées. De Hollywood au monde du sport et au Congrès, des milliers de personnalités ont exprimé leur solidarité.

Des rassemblements sont prévus samedi à Los Angeles et San Francisco, et dimanche à Houston, Chicago et Boston.

Le monde politique, démocrates et républicains, a fait part unanimement, dans des centaines de communiqués, de ses "pensées et prières" pour la France et les Parisiens, selon la formule réservée aux tragédies.

Mais en pleine campagne des primaires présidentielles, les républicains ont vu dans les attentats la validation de leurs critiques contre la stratégie supposément déficiente de Barack Obama contre le groupe Etat islamique (EI) et l'"islam radical", un terme qu'ils reprochent au président américain de ne pas utiliser.

"Nous devons reconnaître les faits", a déclaré le sénateur ultra-conservateur Ted Cruz, candidat à la Maison Blanche. "Entre l'attentat contre l'avion russe en Egypte et cette attaque massive et coordonnée à Paris, nous assistons à une escalade manifeste des ambitions de l'EI".

"Nous devons immédiatement arrêter tout projet d'accueil aux Etats-Unis de réfugiés qui pourraient être infiltrés par l'EI", a-t-il conclu.

Un autre candidat, le gouverneur républicain John Kasich (Ohio), a lié les attentats à la vague d'immigration vers l'Europe. "Les causes profondes sont les suivantes: les gens doivent s'assimiler", a-t-il déclaré lors d'une réunion publique vendredi, selon le Washington Post.

Jeb Bush, autre prétendant à la Maison Blanche, a déclaré que les attaques relançaient le débat sur le renseignement et le rôle de la NSA, l'Agence de sécurité nationale, le grand service d'écoutes mondiales des Etats-Unis.

"Quelles sont nos capacités de contre-renseignement? Comment identifions-nous les attentats avant qu'ils ne se produisent? Quel est l'équilibre entre nos libertés civiques et le besoin de sécurité? Nous devons avoir une conversation sur ces sujets, car j'estime que nous avons réduit nos capacités au mauvais moment", a-t-il déclaré dans une interview radio dans le Hugh Hewitt Show.

Explicitement, les républicains critiquent le manque supposé de poigne de Barack Obama.

"Cette menace croissante marque l'échec de la politique étrangère américaine, et si l'administration ne la combat pas plus sérieusement, notre pays et notre peuple paieront un prix élevé", a déclaré samedi le sénateur républicain John McCain.

"Le président Obama a dit que l'EI continuait à se réduire dans une interview quelques heures avant l'horrible attaque à Paris. Il est très mauvais ! Changement", a écrit samedi sur Twitter Donald Trump, le milliardaire en tête des sondages pour l'investiture. "Nous avons besoin d'un leadership beaucoup plus fort, beaucoup plus intelligent, et nous en avons besoin maintenant !"

"Le président Obama doit changer de stratégie" en Syrie et en Irak, a martelé samedi sur NBC le sénateur républicain Lindsey Graham, un faucon interventionniste du Congrès, qui plaide depuis des mois pour l'envoi de contingents américains au combat contre l'organisation jihadiste.

Il a aussi déploré la baisse des dépenses militaires sous la présidence Obama, la hausse du budget du Pentagone étant la pierre angulaire du programme républicain.

"Nous (le Congrès, ndlr) sommes partiellement responsables d'avoir créé toutes les conditions pour un nouveau 11-Septembre", a-t-il prévenu.

Une discussion que les démocrates évitaient encore samedi, mais à laquelle ils ne devraient pas pouvoir échapper lors du second débat des primaires démocrates dans la soirée, entre l'ex-secrétaire d'Etat Hillary Clinton et ses deux rivaux, Bernie Sanders et Martin O'Malley.

AFP

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