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Etat d'urgence réinstauré au Mali après une nouvelle attaque meurtrière


Les éléments de force de sécurité et les secours encadrent des personnes évacuées du lieu de l'attaque des jihadistes à Bamako, Mali, 20 novembre 2015. Crédit King Massasy

Les éléments de force de sécurité et les secours encadrent des personnes évacuées du lieu de l'attaque des jihadistes à Bamako, Mali, 20 novembre 2015. Crédit King Massasy

L'état d'urgence qui avait expiré la semaine dernière est réinstauré à compter de jeudi au Mali en raison de l'attaque lors de laquelle 17 soldats ont été tués à Nampala, dans le centre du pays.

Un deuil national de trois jours a également été déclaré après cette attaque meurtrière, dernière en date d'une longue série dans ce pays instable.

Nampala est une ville de la région de Ségou, à plus de 510 km de Bamako et proche de la Mauritanie. Elle abrite le deuxième camp militaire le plus important de la région - après celui de Ségou, la capitale régionale - qui a été attaqué tôt mardi matin par des hommes armés.

D'après divers témoignages, les assaillants ont contrôlé pendant plusieurs heures les lieux, qui avaient déjà subi en janvier 2015 un assaut similaire (onze soldats tués, revendication par Al-Qaïda au Maghreb islamique, Aqmi).

Mardi, 17 soldats y ont été tués et 35 blessés, selon le gouvernement, qui dénonce une opération "terroriste coordonnée". L'attaque a été revendiquée par deux groupes armés : un mouvement peul créé en juin et l'organisation jihadiste malienne Ansar Dine.

"En hommage aux victimes de l'attaque terroriste (...) contre les forces armées et de sécurité à Nampala", le président Ibrahim Boubacar Keïta a déclaré "un deuil national de trois jours" à compter de jeudi, indique le gouvernement dans un communiqué publié à l'issue du Conseil des ministres hebdomadaire du mercredi.

Selon la présidence, M. Keïta se rendra jeudi à Ségou, où un hommage sera rendu aux victimes de l'attaque, et il ira également au chevet des blessés.

Autre mesure phare décidée lors du Conseil des ministres de mercredi, selon le communiqué officiel, le rétablissement pour dix jours, à compter de jeudi, de l'état d'urgence qui avait expiré le 15 juillet après une prorogation de trois mois.

Cette mesure d'exception donne notamment plus de possibilités d'intervention aux forces de sécurité et restreint les rassemblements. Elle a été proclamée plusieurs fois dans le pays depuis novembre 2015, au soir de l'attaque par des jihadistes de l'hôtel Radisson Blu de Bamako, le 20 novembre 2015 (20 morts, outre deux assaillants tués).

- Corriger les 'insuffisances constatées' -

"En dépit des actions menées par l'Etat, la menace terroriste persiste après l'expiration de la période de prorogation de l'état d'urgence", qui a été rétabli "dans le cadre de la continuation et du renforcement des actions de lutte" contre ce phénomène et contre "toutes les forces de menace" contre la paix et la sécurité", affirme le gouvernement mercredi.

Mardi, le président avait convoqué un Conseil de défense et, selon un autre communiqué officiel, "ordonné que toutes les insuffisances constatées soient immédiatement corrigées afin d'assurer la sécurité de nos forces de l'ordre d'une part, et des populations d'autre part".

L'attaque de Nampala est la dernière d'une série de violences contre les forces de sécurité au Mali - maliennes, comme étrangères - depuis le déclenchement, en janvier 2013, d'une intervention militaire contre des groupes jihadistes, qui se poursuit actuellement.

Ces groupes armés - dont Ansar Dine - ont contrôlé le nord du Mali de mars-avril 2012 à janvier 2013, à la faveur de la déroute de l'armée face à une rébellion à dominante touareg, d'abord alliée à ces groupes qui l'ont ensuite évincée. Ils ont été dispersés et en grande partie chassés par l'intervention militaire internationale.

Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères, malgré la signature en mai-juin 2015 d'un accord de paix entre le gouvernement, des groupes armés qui le soutiennent et l'ex-rébellion, censé isoler définitivement les jihadistes.

Depuis mardi, plusieurs formations politiques locales et institutions internationales, dont l'Union européenne (UE) et l'ONU, ont condamné l'attaque.

Dans un communiqué mercredi soir, le Parti pour la renaissance nationale (Parena, opposition), de l'ex-ministre Tiébilé Dramé, s'est dit préoccupé "devant la dégradation continue de la situation sécuritaire du Mali", aux "proportions alarmantes".

"Une trentaine de Maliens sont morts entre le 12 et le 19 juillet", soutient le Parena, citant cinq villes et localités du Nord et du Centre, sans cependant préciser les circonstances des faits : Gao, Doro, Didi, Nampala, Kidal.

"Le Mali est en danger. De toute évidence, l'exécutif est débordé", estime-t-il, invitant les autorités à "en tirer toutes les conséquences".

Avec AFP

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