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Espionnage des alliés: Washington tente de mitiger les dégâts


Le directeur du renseignement, James Clapper

Le directeur du renseignement, James Clapper

La Maison Blanche a démenti mercredi certaines des allégations parues dans Le Monde, qui ont suscité une crise diplomatique entre Paris et Washington, le président français François Hollande ne se privant pas de réprimander publiquement son homologue américain.

Dans un communiqué, le directeur américain du renseignement, James Clapper, a déclaré que certaines des informations publiées par Le Monde, sont erronées.

Lundi, le Monde affirmait que la NSA a collecté plus de 70 millions d’enregistrements de données téléphoniques de citoyens français. C’est faux, a dit M. Clapper dans son communiqué, sans offrir davantage de précisions.

Les renseignements recueillis par les Etats-Unis sont du même type que ceux « recueillis par toutes les nations » dans le cadre de leurs efforts pour lutter contre le terrorisme et d'autres menaces, a-t-il poursuivi.

Entre-temps, le Mexique étudie les allégations selon lesquelles Washington a espionné le futur président Enrique Pena Nieto, avant son élection, ainsi que son prédécesseur, Felipe Calderon.

C’est l’hebdomadaire allemand Der Spiegel qui a rapporté dimanche que la NSA avait commencé à espionner les courriels des fonctionnaires mexicains en mai 2010.

Mardi, le ministre mexicain de l'Intérieur, Miguel Angel Osorio Chong, a déclaré avoir ordonné l'ouverture d’une enquête pour cerner l’ampleur de cet espionnage, et déterminer si des fonctionnaires mexicains s’en étaient rendus complices.

S'exprimant à Genève, le secrétaire mexicain aux Affaires étrangères, Jose Antonio Meade, a dit que le président Barack Obama a promis à M. Pena Nieto de faire la lumière sur cette affaire.

Les récentes allégations publiées par Le Monde et Der Spiegel auraient pour origine des informations contenues dans les documents secrets de la NSA divulgués par l’ancien contractuel de l’agence, Edward Snowden, aujourd’hui réfugié en Russie.

La publication de ces informations suscite de vives tensions entre Washington et ses alliés. Notamment, la présidente du Brésil a annulé une visite d'Etat à Washington, le gouvernement allemand a abrogé un accord de surveillance datant de l’époque de la guerre froide, et le gouvernement français a convoqué l'ambassadeur des Etats-Unis en France, Charles Rivkin, pour exiger des explications.

Pour répondre à ces préoccupations, M. Obama avait profité de son discours devant l’Assemblée générale de l’ONU en septembre pour annoncer un examen approfondi du modus operandi des services du renseignement américains.
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