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Une dirigeante historique d'un parti de droite mise en examen pour blanchiment en Espagne


La sénatrice du Parti populaire (droite) Rita Barbera, ancienne maire de Valence et proche du chef du gouvernement, a été mise en examen mardi, dans un arrêt rendu par la Cour suprême, seule compétente pour les élus.

La décision découle d'une enquête judiciaire pour blanchiment déclenchée en avril contre le PP à Valence (est), la troisième ville du pays, un ancien fief du parti, dans le cadre d'une enquête sur des malversations de fonds publics.

L'ex-maire (1991-2015) Rita Barbera, 68 ans, ayant été la plus haute responsable du parti localement, "il est par conséquent indispensable de poursuivre l'enquête (...) sur ces faits et sur la participation à ces faits de Mme Maria Rita Barbera Nolla", estime la Cour dans cet arrêt.

Mme Barbera est l'une des figures de la droite espagnole, une bête noire de la gauche, longtemps considérée proche du président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy (PP, droite) et de sa vice-présidente, Soraya Saenz de Santamaria.

L'affaire "Imelsa", du nom d'une des entreprises impliquées, porte sur de présumés marchés publics truqués en vertu desquels certains élus touchaient des commissions et en auraient peut-être reversées au Parti populaire localement pour le financer.

La justice, souligne la Cour suprême dans un communiqué, a détecté des versements de mille euros réalisés par une cinquantaine de personnes liées au parti entre le 23 mars et le 16 avril 2015, dont Rita Barbera.

Le mécanisme employé relèverait du "blanchiment" d'argent provenant de ces commissions et maquillé en dons et destiné à financer le parti.

L'affaire avait éclaté après les élections législatives du 20 décembre, où le PP au pouvoir était arrivé premier, mais avec une très courte avance (28,7%), et dans l'impossibilité de nouer des alliances pour disposer d'une majorité stable au Parlement, morcelé entre quatre grandes forces politiques.

En dépit de nouvelles élections organisées le 26 juin, aucun accord n'a été trouvé et l'Espagne reste dirigée par le gouvernement sortant de Mariano Rajoy auquel ses adversaires reprochent justement la corruption de son parti.

Le PP n'est pas le seul touché par la corruption qui a concerné en Espagne tout l'establishment, de droite comme de gauche, et même les syndicats. L'affaire l'embarrasse cependant au plus au point alors qu'il tente de former un gouvernement.

"Je n'ai ordonné aucun blanchiment d'argent (..) et n'en ai rien su", avait assuré en février Rita Barbera en évoquant son "indescriptible douleur".

Avec AFP

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