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Erdogan : "L'UE a plus besoin de la Turquie que la Turquie n'a besoin de l'UE"


Le président Turc, Recep Tayyip Erdogan, parle aux administrateurs locaux dans son palais à Ankara, en Turquie, le mercredi 24 février 2016. (Presidential Press Service / Kayhan Ozer, Piscine via AP)

Le président Turc, Recep Tayyip Erdogan, parle aux administrateurs locaux dans son palais à Ankara, en Turquie, le mercredi 24 février 2016. (Presidential Press Service / Kayhan Ozer, Piscine via AP)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a estimé que "l'Union européenne a plus besoin de la Turquie" que l'inverse lors d'un discours à Ankara, dénonçant un rapport "provocateur" du Parlement européen publié la semaine dernière.

"L'Union européenne a plus besoin de la Turquie que la Turquie n'a besoin de l'Union européenne", a déclaré le chef de l'Etat turc, pendant que son Premier ministre Ahmet Davutoglu s'exprimait au même moment devant le Conseil de l'Europe à Strasbourg.

"A un moment où nos relations avec l'Union européenne sont dans une phase positive en ce qui concerne les migrants, l'ouverture de certains chapitres (d'adhésion à l'UE) ou encore l'exemption des visas, sortir un rapport comme celui-ci est provocateur", a estimé le président turc.

Dans leur rapport, les députés européens déplorent notamment "la régression" concernant "l'indépendance du pouvoir judiciaire, la liberté de réunion, la liberté d'expression et le respect des droits de l'homme et de l'Etat de droit".

"Trois millions de personnes sont prises en charge dans ce pays (la Turquie) pour ne pas déranger les Européens (...) Qu'y a-t-il à ce sujet dans le rapport ? Rien", a poursuivi M. Erdogan.

Ankara et l'UE ont conclu le 18 mars un accord controversé pour stopper l'afflux de migrants en Grèce depuis les côtes turques qui prévoit notamment le renvoi vers la Turquie des migrants arrivant de manière irrégulière sur les îles grecques. En contrepartie, pour chaque Syrien renvoyé en Turquie, l'UE accepte d'en "réinstaller" un autre depuis la Turquie, dans la limite de 72.000.

Le président du Conseil européen Donald Tusk, le vice-président de la Commission Frans Timmermans et la chancelière allemande Angela Merkel visiteront samedi à Gaziantep (sud de la Turquie) un camp de réfugiés, dans le cadre du suivi de cet accord.

Un porte-parole de l'exécutif européen a par ailleurs indiqué mardi que "la Commission (européenne) adoptera demain (mercredi) un rapport sur la mise en oeuvre de la déclaration UE-Turquie du 18 mars dernier".

Le chef du gouvernement turc Ahmet Davutoglu a prévenu lundi soir que la Turquie ne serait plus tenue de respecter l'accord si les Européens ne tenaient pas leur promesse d'exempter les citoyens turcs de visas d'ici fin juin, l'une des contreparties promises.

Avec AFP

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