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Erdogan, de marbre devant la contestation en Turquie


Les syndicats ont rejoint le mouvement de contestation en Turquie

Les syndicats ont rejoint le mouvement de contestation en Turquie

Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a souligné une nouvelle fois qu’il refuse de renoncer au projet urbain à Istanbul, à l'origine de la contestation en Turquie.

Lors d’une conférence de presse jeudi à Tunis, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, a refusé de céder aux manifestants dans son pays. Il a dénoncé la participation aux troubles d'une organisation « terroriste » et signalé l’arrestation de sept étrangers, sans préciser leur nationalité.

Il a souligné une nouvelle fois qu’il refuse de renoncer au projet urbain à Istanbul, à l'origine de la contestation en Turquie.

« Le projet respecte l'histoire, la culture et l'environnement (...). Ce que nous faisons, c'est protéger les droits de la majorité et préserver la beauté d'Istanbul », a-t-il dit en arabe. « Nous ne permettrons pas à une minorité de dicter sa loi à la majorité, et nous n'accepterons pas non plus la tyrannie de la majorité », a-t-il poursuivi.

Les Etats-Unis tout comme les Européens courtisent le soutien de la Turquie pour faire obstacle au président syrien Bachar al-Assad, et le forcer à rejoindre la table des négociations. Mais les troubles intérieurs en Turquie pourraient compliquer les efforts diplomatiques d'Ankara au Moyen-Orient.

La Turquie est en première ligne dans le conflit syrien. Les Turcs ont été victimes d'attentats à la bombe le long de la frontière commune et accueillent plus de 200.000 réfugiés syriens.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a travaillé à unir l'opposition syrienne dans l'espoir d’amener ses factions à des pourparlers de paix.

On ne saurait sous-estimer l’importance du rôle de la Turquie dans le conflit syrien, explique Steve Heydemann, expert à l’Institut américain de la paix. « La Turquie occupe une place essentielle par rapport au conflit syrien, qu’il s’agisse de déterminer quand les négociations devraient commencer ou si l'Occident, y compris la Turquie, devraient engager une politique plus active en essayant de contenir les activités du régime Assad », explique-t-il.

Aujourd’hui, l’attention d’Ankara est détournée par les protestations antigouvernementales à l'intérieur du pays. Toutefois, estime le secrétaire d'Etat américain John Kerry, cette situation ne devrait pas empêcher la Turquie de jouer son rôle dans la diplomatie syrienne. « Ce n'est pas la première fois qu'un gouvernement est confronté à ce genre de défi. Et j'attends du ministre des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu et du Premier ministre qu’ils restent engagés dans les efforts pour tenter de résoudre la crise syrienne » a annoncé M. Kerry.

M. Erdogan assure qu'il n'y a pas de retour en arrière sur la participation de la Turquie au Proche-Orient. « Dans cette région, la question de la Syrie, la question de la Palestine et d'Israël sont des problèmes qui doivent être résolus, afin d'avoir la paix durable au Moyen-Orient », a dit le Premier ministre turc.

Les relations israélo-turques ont souffert il y a trois ans, quand Israël a agressé un bateau turc de militants pacifistes qui cherchait à acheminer des vivres et autres produits de base jusqu’à la Bande de Gaza.

Récemment, M. Erdogan a critiqué les frappes aériennes israéliennes sur les voix d'approvisionnement du Hezbollah en Syrie, ce qui complique les efforts américains pour améliorer les relations entre Tel Aviv et Ankara.

Par ailleurs, les responsables américains expriment leur inquiétude quant à l'utilisation de la force contre les manifestants anti-gouvernementaux en Turquie. Washington et Ankara continuent de collaborer étroitement pour la reprise des pourparlers sur une autorité de transition en Syrie.
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