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L'épreuve de la femme du journaliste Jason Rezaian pour sortir d'Iran


Le journaliste irano-américain Jason Rezaian et sa femme Yeganeh Salehi en Allemagne, le 20 janvier 2016. (AP Photo/Michael Probst)

Le journaliste irano-américain Jason Rezaian et sa femme Yeganeh Salehi en Allemagne, le 20 janvier 2016. (AP Photo/Michael Probst)

"Ce fut une véritable guerre pour me sortir de là", a déclaré la jeune femme, qui est également journaliste, au cours d'un entretien au Washington Post publié jeudi.

L'épouse du journaliste irano-américain Jason Rezain, libéré samedi des geôles iraniennes, a raconté ses 25 heures de calvaire au moment de quitter Téhéran par avion avec son mari et sa belle-mère, dans un entretien au Washington Post.

Dans ses premières déclarations depuis la libération de son mari de la prison d'Evine, où il a passé 18 mois pour des accusations d'espionnage, Yeganeh Salehi a expliqué avoir eu peur de ne pas pouvoir quitter l'Iran avec lui.

"Ce fut une véritable guerre pour me sortir de là", a déclaré la jeune femme, qui est également journaliste, au cours de l'entretien, publié jeudi.

Mme Salehi et la mère de M. Rezaian, Mary, ont passé des heures à être renvoyées d'une salle de l'aéroport de Téhéran à une autre. Les Gardiens de la révolution les ont finalement autorisées à embarquer à bord d'un avion suisse avec lui et deux autres prisonniers américains en Iran, parmi les quatre échangés contre sept prisonniers iraniens aux Etats-Unis.

Il est difficile de savoir si ce calvaire a découlé d'une mauvaise communication entre les Iraniens ou si les deux femmes ont été utilisées jusqu'au dernier moment comme monnaie d'échange, selon le Post, dont le journaliste était le correspondant en Iran.

Mais selon un haut responsable américain cité par le journal mais dont le nom n'est pas révélé, "les Iraniens ont joué jusqu'au bout".

Contrairement à son mari et sa belle-mère, qui possèdent les deux nationalités, Yeganeh Saleh est iranienne et n'avait donc aucune certitude sur le fait de pouvoir quitter le pays.

Renvoyée avec sa belle-mère d'un point à un autre de l'aéroport, parfois par des gardes, Yeganeh Salehi a dit que l'excitation liée à la libération de son mari a progressivement laissé la place à l'inquiétude.

"A un moment, je lui ai dit: +Mary, quelqu'un ne nous veut pas sur la photo et il y a une raison pour cela+", "+il y a quelque chose qui ne va pas+".

Ce n'est qu'après un appel du secrétaire d'Etat américain John Kerry à son homologue iranien Mohammad Javad Zarif que le procureur général iranien a autorisé Yeganeh Salehi et Mary Rezaian à monter dans l'avion à destination de l'Allemagne, selon le Post.

L'échange de prisonniers a eu lieu après l'entrée en vigueur de l'accord nucléaire historique entre l'Iran et les grandes puissances. Téhéran a également relâché hors accord un cinquième Américain en signe de "bonne volonté".

M. Rezaian a déclaré dans un communiqué publié vendredi qu'il rentrait aux Etats-Unis ce même jour avec sa famille, après avoir terminé ses examens médicaux dans la base militaire américaine de Landstuhl, en Allemagne, a annoncé le Post par ailleurs.

AFP

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