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Feu vert final de la justice au commerce de corne de rhinocéros en Afrique du Sud


Un ranger marche derrière deux rhinocéros dans un parc protégé près de Marondera, à l'est de la capitale Harare, Zimbabwe, le 20 septembre 2014.

La plus haute juridiction sud-africaine a définitivement confirmé la levée du moratoire sur le commerce intérieur de la corne de rhinocéros, rejetant un appel du gouvernement sur ce sujet sensible, source de vifs débats dans le pays.

"Le tribunal a étudié la demande d'appel et l'a rejetée", indique la Cour constitutionnelle dans son arrêt.

La question du commerce de la corne de rhinocéros est le théâtre d'une longue saga judiciaire entre les éleveurs privés qui le défendent et le gouvernement qui s'y oppose.

En novembre 2015, un tribunal avait donné raison à des éleveurs de rhinocéros souhaitant pouvoir vendre la corne de ces animaux sur le territoire sud-africain. Le gouvernement avait fait une première fois appel de cette décision, mais avait été débouté en mai 2016.

"Il est important de rappeler que des permis doivent être obtenus pour vendre ou acheter de la corne de rhinocéros", a réagi Albie Modise le porte-parole du ministère de l'Environnement.

Le jugement de la Cour constitutionnelle concerne uniquement le commerce intérieur, la vente à l'international restant interdite et ce depuis 1977.

L'Afrique du Sud qui abrite plus de 80% de la population mondiale de rhinocéros est particulièrement touchée par le braconnage de ces mammifères pour leur corne.

En 2016, 1.054 rhinocéros ont été tués, soit plus de trois par jour, un chiffre en baisse par rapport au record de 2014 (1.215) mais toujours très préoccupant.

Les rhinocéros sont abattus pour alimenter un trafic vers le Vietnam et la Chine où la médecine traditionnelle attribue des vertus à leur corne, comme celle de guérir le cancer ou l'impuissance.

"Nous sommes absolument ravis de la décision de la Cour constitutionnelle. Nous avons toujours pensé être dans notre droit de faire commerce de la corne de rhinocéros", s'est réjoui auprès de l'AFP, Pelham Jones, président de l'association sud-africaine des propriétaires privés de rhinocéros (PROA).

Les éleveurs de rhinocéros estiment que l'interdiction de ce commerce ne fait qu'alimenter le braconnage et assurent pouvoir répondre à la demande asiatique en fournissant des cornes d'animaux toujours vivants, espérant pouvoir à terme faire lever l'interdiction de leur vente vers l'étranger.

Ils peuvent en effet couper la corne, une procédure indolore pour l'animal qui est anesthésié pendant une quinzaine de minutes. La corne repousse ensuite.

Les vertus de cet appendice, fait de kératine comme les ongles humains, n'ont jamais été prouvées scientifiquement.

Cela n'empêche pas le kilo de corne de se vendre plus de 60.000 dollars le kilo, plrdc us cher que l'or ou la cocaïne.

Avec AFP

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