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Entretien exclusif avec Cellou Dalein Diallo


Cellou Dalein Diallo, candidat à la présidentielle en Guinée

Cellou Dalein Diallo, candidat à la présidentielle en Guinée

Le candidat au second tour de la présidentielle historique en Guinée, arrivé en tête du premier tour du 27 juin dernier avec 43% des voix, parle de son bilan et de ce qu'il proposera aux Guinéens... s'il est élu.

Dans un entretien exclusif accordé à la VOA juste après la fermeture des bureaux de vote ce dimanche, le candidat de l'UFDG, l'Union des forces démocratiques de Guinée s'est dit satisfait du déroulement du second tour de cette présidentielle historique. «Je suis heureux et fier de pouvoir prendre part enfin à ce second tour, en tant que candidat et citoyen. Je suis heureux et fier du peuple guinéen qui a voté massivement dans le calme et la sérénité. On n'a pas enregistré de violence, on a déploré quelques dysfonctionnements, quelques irrégularités. Mais on doit se réjouir des conditions de déroulement du scrutin», a confié Cellou Dalein Diallo, 58 ans, ex-ministre des Infrastructures économiques, des Transports et travaux publics, notamment, et ancien Premier ministre, pendant seize mois de fin 2004 jusqu'à son limogeage en 2006, sous le régime militaire autoritaire de feu Lansana Conté.

Pourquoi les Guinéens doivent-ils vous choisir aujourd'hui?

A cette question, le candidat de l'UFDG a défendu un bilan positif de ses années au gouvernement Conté: «Les Guinéens me connaissent et ils savent que j'ai une expérience riche en matière de gestion des problèmes de développement. J'ai eu le privilège d'être membre du gouvernement, d'être ministre et Premier ministre dans ce pays, après avoir été directeur général à la Banque centrale. Les Guinéens connaissent mon attachement aux valeurs chères à la Guinée, l'unité nationale, la justice, le traitement équitable des citoyens, des ethnies et des régions. Tous ces facteurs ont inspiré cette confiance dont j'ai déjà largement bénéficié au premier tour et qui sera confirmée à ce second tour», a répondu Cellou Dalein Diallo.

M. Diallo ne voit pas ses services rendus sous le régime Conté comme une carte pouvant lui nuire lors de ce scrutin. Une carte que brandissent constamment ses détracteurs. «Au contraire. C'est un atout! Ce n'est pas un handicap dans la mesure où j'ai un bilan honorable et dont les Guinéens sont satisfaits. Ils m'ont vu à l'épreuve», a martelé le candidat à la présidentielle de l'UFDG.

Quel sera le premier geste que vous poserez si vous êtes élu? Cellou Dalein Diallo a tout de suite évoqué la réconciliation nationale: «Demander à tous les Guinéens de se donner la main pour affronter les défis du sous-développement. Je tendrai la main à toutes les bonnes volontés, à toutes les compétences pour que très rapidement notre pays soit un pays émergent, promouvoir la croissance, garantir la sécurité des citoyens, mettre en place une administration efficace au service du peuple, une justice qui sera un recours pour toutes les entreprises, les investisseurs et surtout pour tous les citoyens. Et renouer avec les institutions de Bretton Woods.»

Enfin Cellou Dalein Diallo, s'engage - s'il est élu - à être le président de tous les Guinéens. Ses détracteurs l'accusent de favoriser son ethnie, les Peuls. «Je serai le président de tous les Guinéens, des riches et des pauvres, des Soussous et des Malinkés, des Peuls et des Forestiers. Je mériterai la confiance des Guinéens. Parce qu'une seule ethnie ne peut pas élire un président. Ceux qui n'auront pas voté pour moi, je veillerai à ce que leur sécurité soit assurée et à ce qu'ils s'épanouissent. Je réserverai un traitement équitable à tous les Guinéens sans discrimination. Et je ne ferai aucun cadeau à tous ceux qui voudront diviser la Guinée.»

Des électeurs guinéens font la file pour voter ce dimanche

Des électeurs guinéens font la file pour voter ce dimanche

Dimanche les Guinéens ont voté dans le calme pour choisir le premier président démocratiquement élu de leur histoire. Un second tour qui intervient quatre mois apres le premier, le 27 juin, et au cours duquel le principal challenger de Cellou Dalein Diallo, le leader historique de l'oppostion, Alpha Condé du RPG (qui n'était pas disponible pour une interview), avait obtenu 18% des voix. L'attente du second tour a été émaillée de violences politico-ethniques.

Cette présidentielle historique est censée rendre le pouvoir aux civils dans ce pays dirigé depuis son indépendance, en 1958, par des régimes autoritaires.


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