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Encore des manifestations contre Trump


Des manifestants marchent contre l’élection de Donald Trump à Atlanta, Géorgie, 11 novembre 2016.

Des manifestants marchent contre l’élection de Donald Trump à Atlanta, Géorgie, 11 novembre 2016.

Des Américains prévoyaient encore de protester ce week-end, après des manifestations vendredi dans une vingtaine de villes des Etats-Unis contre l'élection à la présidence de Donald Trump, qui semble polir son discours.

"Je ne suis pas ici pour contester l'élection, parce qu'il n'y a pas de signes de fraude ou de trucage", explique à l'AFP sous anonymat Jamie, une manifestante à New York. Mais "il y a beaucoup d'incertitude et nous avons besoin d'un message d'amour".

Comme elle, environ 1.200 manifestants, selon la police, 4.000 selon un média local, ont battu le pavé à Manhattan, certains portant de gros ballons rouges. Des manifestations sont à nouveau prévues ce week-end dans une demi-douzaine de villes.

Pour Rachel Décoste, analyste politique spécialiste des politiques d'immigration, cette colère populaire est appelée à durer.

Vendredi, la mobilisation éparse contre le plus vieux président à entrer à la Maison Blanche - 70 ans - a notamment touché Miami (sud-est), Portland (nord-ouest) et Los Angeles (sud-ouest). En apportant son soutien aux manifestants, l'acteur Robert De Niro, 73 ans, s'est dit "très déprimé" par le résultat de l'élection.

A New York, 11 personnes ont été arrêtées, selon la police. A Portland, un homme a été blessé par balle dans des circonstances non précisées. Comme la nuit précédente, la police, visée par des projectiles, a eu recours à des gaz lacrymogène.

Trois jours après son élection, le président élu a semblé mettre de l'eau dans son vin dans un entretien au quotidien Wall Street Journal (WSJ), affirmant qu'il pourrait simplement "amender" la loi d'assurance-maladie surnommée Obamacare, dont il avait promis l'abrogation durant sa campagne. Elle "sera soit amendée, soit abrogée, soit remplacée", a-t-il dit.

Cette législation a permis à 22 millions d'Américains d'avoir une assurance santé.

- Famille aux commandes -

Donald Trump a aussi défini l'équipe de transition chargée de mettre sur pied, d'ici sa prise de fonctions le 20 janvier, sa nouvelle administration. Elle sera dirigée par son vice-président élu, Mike Pence, et forte de soutiens indéfectibles: l'ex-maire de New York Rudy Giuliani, l'ex-président de la Chambre des représentants Newt Gingrich, un sénateur anti-immigration illégale, Jeff Sessions. S'y ajoutent Steve Bannon, directeur général de sa campagne, et le président du parti républicain, Reince Priebus.

Plus surprenant, trois enfants adultes de Donald Trump - Ivanka, Donald Jr et Eric - en feront aussi partie, ainsi que le mari d'Ivanka, Jared Kushner.

"La mission de notre équipe sera claire: assembler le groupe le plus hautement qualifié de responsables brillants, qui seront capables de mettre en oeuvre notre programme de changement à Washington", a expliqué Donald Trump dans un communiqué.

Beaucoup sur sa liste sont membres de l'establishment qu'il a tant décrié pendant sa campagne.

Depuis vendredi, le milliardaire populiste est enfermé dans sa tour Trump à New York, où il a ses bureaux et sa résidence. Il va y rester tout le week-end, a précisé sa porte-parole, Hope Hicks.

Après avoir parlé avec la Britannique Theresa May et l'Israélien Benjamin Netanyahu, le président-élu s'est entretenu avec le président français François Hollande notamment de Syrie et de climat.

- 'Appel charmant' d'Hillary -

"J'ai une vue différente de beaucoup de gens sur la Syrie", a dit Donald Trump au WSJ, suggérant qu'il fallait lutter davantage contre le groupe Etat islamique. A chercher à remplacer Bachar al-Assad (la position jusqu'ici de Barack Obama et François Hollande), "nous allons finir par combattre la Russie", alliée de Damas, a-t-il jugé.

Vendredi, Barack Obama a une fois encore insisté sur la nécessité d'unir le pays, sorti de l'élection profondément divisé.

Comme pour faire écho à cette demande, Donald Trump n'a pas écarté la possibilité de demander conseil à l'ex-président Bill Clinton, après avoir reçu un appel "très aimable" de l'époux de sa rivale démocrate, lors d'un entretien avec la chaîne de télévision CBS.

Il s'est aussi montré dithyrambique à l'égard de sa rivale défaite, Hillary Clinton, qui lui a passé un "appel charmant" et qui est une femme "agréable" et "très intelligente".

Parmi les priorités des premières semaines, figurent outre la loi Obamacare, la baisse des impôts et assurer la sécurité des frontières contre la drogue et les immigrants clandestins, a indiqué au WSJ Donald Trump qui peut s'appuyer sur un Congrès majoritairement républicain.

Avec AFP

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