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Encore 2,5 millions de personnes infectées annuellement par le sida


Les militants des droits civils marchent à l’ouverture de la 21e Conférence mondiale du sida à Durban, Afrique du Sud, 18 juillet 2016.

Les militants des droits civils marchent à l’ouverture de la 21e Conférence mondiale du sida à Durban, Afrique du Sud, 18 juillet 2016.

Quelque 2,5 millions de personnes sont encore infectées chaque année par le virus du sida (VIH) dans le monde, un chiffre qui stagne de manière préoccupante depuis dix ans, pointe une étude publiée mardi.

Cette nouvelle analyse donne "une image inquiétante de la lenteur des progrès" pour réduire les nouvelles infections par le VIH, selon le Dr Haidong Wang de l'Institut de métrologie sanitaire et d'évaluation (IHME) à l'Université de Washington à Seattle (États-Unis), principal auteur de l'étude.

Celle-ci paraît dans la revue médicale The Lancet HIV à l'occasion de la conférence internationale sur le sida organisée à Durban (Afrique du Sud), afin d'évaluer les progrès contre une épidémie qui a déjà tué plus de 30 millions de personnes depuis les années 1980.

Elle montre que le nombre annuel de nouvelles infections est resté relativement constant - environ 2,5 millions par an, soit près de 7.000 par jour - dans le monde ces dix dernières années, après une période de reflux rapide entre 1997 et 2005.

Cette stagnation pourrait s'aggraver avec celle des financements des programmes de lutte contre le VIH, s'inquiètent les spécialistes.

"Par conséquent, une augmentation massive des efforts des gouvernements et des organismes internationaux est requise pour atteindre les quelque 36 milliards de dollars (33 milliards d'euros) nécessaires chaque année pour réaliser l'objectif de mettre fin au sida d'ici 2030", commente Christopher Murray, directeur de l'IHME.

Ces quinze dernières années, la communauté internationale a fourni au total 110 milliards de dollars pour lutter contre l'épidémie, notent les auteurs.

Selon l'étude, 38,8 millions de personnes vivaient avec le VIH en 2015, un nombre en augmentation régulière. En l'an 2000, elles n'étaient que 28 millions.

Après un pic de 1,8 million en 2005, les décès dus au sida ont baissé à 1,2 millions en 2015, notamment grâce à l'intensification des traitements antirétroviraux (ARV) et à la prévention de la transmission du virus de la mère à l'enfant.

L'utilisation des traitements antirétroviraux (ARV), combinant habituellement plusieurs molécules et souvent appelés "trithérapie", a progressé rapidement: de 6,4% en 2005 à 38,6% en 2015 pour les hommes infectés, et de 3,3% à 42,4% pour les femmes sur la même période.

Traitements: trop de pays en retard

Mais en dépit des progrès, la plupart des pays sont encore loin d'atteindre l'objectif fixé par l'Onusida de traiter 90% des patients infectés d'ici 2020.

En 2015, 41% des séropositifs recevaient un traitement ARV, selon l'étude.

Cette couverture thérapeutique est très variable selon les régions et les pays. Une intensification des traitements est nécessaire, en particulier au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Europe de l'Est, souligne l'étude.

Il n'existe actuellement aucun vaccin, ni médicament permettant de guérir du sida. Les traitements antirétroviraux permettent en revanche de contrôler le virus et d'augmenter l'espérance de vie des séropositifs.

En 2015, 1,8 million des nouvelles infections, soit les trois quarts, sont survenues en Afrique subsaharienne. L'Asie du Sud suit avec 212.500 nouveaux cas (8,5%).

Entre 2005 et 2015, le taux de nouvelles infections par le VIH a augmenté dans 74 pays, notamment en Indonésie, aux Philippines, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient ainsi qu'en Europe de l'Est, mais aussi dans certains pays d'Europe occidentale (Espagne et Grèce), relève la revue médicale.

En Europe, ce sont la Russie (57.340) et l'Ukraine (13.490) qui présentaient en 2015 le plus grand nombre de nouvelles infections.

"Il existe encore de grandes incertitudes concernant les estimations du nombre de nouvelles infections par le VIH dans beaucoup de régions du monde", soulignent toutefois deux chercheuses françaises, Virginie Supervie et Dominique Costagliola, qui commentent l'étude dans Lancet HIV.

Pour la mener à bien, les chercheurs ont recueilli les données de 195 pays entre 1980 et 2015.

Avec AFP

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