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En Iran, le président du Sénat français critique la politique américaine des visas


Des migrants à la frontière germano-autrichienne, le 17 septembre 2015. (REUTERS/Michaela Rehle)

Des migrants à la frontière germano-autrichienne, le 17 septembre 2015. (REUTERS/Michaela Rehle)

Gérard Larcher voit "un mauvais signal" dans la politique américaine visant à interdire aux touristes de 38 pays d'entrer aux Etats-Unis sans visa s'ils sont récemment allés en Irak, Syrie, Soudan ou Iran.

Le président du Sénat français Gérard Larcher a critiqué à Téhéran la nouvelle politique américaine des visas qui pénalise les Européens s'étant rendu en Iran, estimant qu'elle envoyait "un mauvais signal".

Les touristes de 38 pays, dont 30 en Europe, ne pourront désormais plus entrer sans visa aux Etats-Unis s'ils sont allés récemment en Irak, Syrie, Soudan ou en Iran, selon une loi adoptée vendredi par le Congrès américain et promulguée par le président Barack Obama.

"Ce qui est sûr c'est que cela peut être perçu ici (à Téhéran) comme une marque de défiance et pour nous, ce n'est sans doute pas une initiative (...) qui s'inscrit dans la culture de la confiance à construire" avec l'Iran, a déclaré lundi 21 décembre au soir à des journalistes français M. Larcher à l'issue d'une visite de trois jours.

Selon lui, cette loi "vient un peu en contradiction du rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA)" qui a refermé le 15 décembre le dossier concernant les tentatives de l'Iran de se doter de l'arme atomique dans les années 2000. Cette décision ouvre la voie à une mise en oeuvre prochaine de l'accord nucléaire historique conclu en juillet.

"Pour nous Européens, et pour nous Français, on ne peut pas considérer que cette décision soit acceptable en l'état", a affirmé M. Larcher. "Je pense que c'est un mauvais signal (...) d'un pays démocratique, la grande démocratie américaine", a-t-il ajouté.

Ralentir la venue des Européens en Iran

Il a indiqué que "cela fera partie des sujets sur lesquels" il allait "échanger avec le président de la République", car "je pense que la France doit s'exprimer" sur cette nouvelle politique américaine.

L'ancien Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin, qui faisait partie de la délégation, a de son côté déclaré que les Iraniens "nous ont clairement indiqué que, selon eux, et au cas ou on n'aurait pas compris", cette loi était "à destination des Européens, pour ralentir leur venue ici".

L'accord nucléaire va permettre la prochaine levée des sanctions économiques imposées à l'Iran en échange de son engagement à limiter son programme nucléaire civil et à ne pas se doter de la bombe atomique.

La visite de M. Larcher et de sa délégation, à l'invitation du président du Parlement iranien Ali Larijani, a été la première d'un président du Sénat français en Iran depuis la révolution islamique de 1979.

Les sénateurs ont rencontré de nombreux dirigeants, parmi les quels le président Hassan Rohani - qui doit se rendre en France fin janvier -, le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif et Ali Akbar Velayati, conseiller diplomatique du guide suprême Ali Khamenei.

Avec AFP

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