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En cinq années, c'est le plus important convoi humanitaire envoyé en Syrie


Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en janvier 2016.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en janvier 2016.

Le convoi d'aide humanitaire envoyé en Syrie est de taille : 65 camions de nourriture, de médicaments et de matériel médical.

Le plus grand convoi humanitaire jamais effectué depuis le début de la guerre en Syrie, il y a cinq ans, est arrivé jeudi dans une ville rebelle encerclée par l'armée, malgré des négociations de paix mal en point à Genève.

Dans le même temps, l'ONU a achevé jeudi l'évacuation simultanée de 500 blessés, malades et leur famille vivant dans d'autres localités assiégées par le régime ou les rebelles.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a annoncé l'arrivée à Rastane (centre) du convoi d'aide humanitaire composé 65 camions de nourriture, de médicaments et de matériel médical, avec l'aide du Croissant rouge syrien.

Aucune aide depuis 4 ans

Rastane est une ville rebelle encerclée par l'armée depuis 2012 où vivent 120.000 personnes qui n'avaient reçu aucune aide depuis quatre ans.

Par ailleurs, le transfert des 500 personnes de quatre localités assiégées, qui a débuté mercredi avec le concours du Croissant rouge syrien, va permettre aux blessés et malades de recevoir des soins dans des zones tenues par les rebelles ou le régime, a affirmé l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Les bus dans lesquels elles ont été évacuées ont gagné jeudi une zone de transit près de la ville rebelle de Qalaat al-Madiq, un château médiéval situé dans la province centrale de Hama, selon l'OSDH.

Un total de 250 habitants de Madaya et de Zabadani, localités rebelles à l'ouest de Damas encerclées par les forces gouvernementales, doivent ensuite rallier la province d'Idleb, située dans le nord-ouest du pays et tenue par les insurgés.

Accord inédit avec l'EI

Dans le même temps, 250 habitants de Foua et Kafraya, agglomérations chiites dans la province d'Idleb encerclées par des rebelles islamistes, se sont à Damas et dans la province de Lattaquié, un bastion du régime sur la côte.

Ces évacuations vont de pair avec la livraison d' une aide humanitaire dans ces villes.

Plus de quatre millions de personnes en Syrie vivent dans des régions assiégées ou difficiles d'accès pour l'aide humanitaire.

Par ailleurs, un autre accord inédit est entré en vigueur entre les rebelles, le régime et les jihadistes du groupe Etat islamique (EI), à Dmeir, une localité à 40 km au nord-ouest de Damas, selon l'OSDH.

Ainsi, 500 combattants de l'EI et leur famille ont pu quitté cette localité, dont le groupe jihadiste contrôlait plusieurs secteurs, pour gagner plus à l'est Raqa et Deir Ezzor, deux leurs bastions.

Il ne reste plus ainsi à Dmeir de combattants de l'EI qui avait attaqué cette ville il y a deux semaines et enlevé une partie des employés d'une cimenterie avant de les relâcher.

L'EI et le Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda, ne sont pas inclus dans l'accord sur la cessation des hostilités entre le régime et les rebelles, entrée en vigueur le 27 février à l'initiative des États-Unis et de la Russie.

Depuis, les violations se sont multipliées et si aucune des parties prenantes n'a affirmé que la trêve était morte, elle semble toutefois à l'agonie.

"Pas un boycott"

Des combats se déroulent dans la province septentrionale d'Alep et dans celle d'Idleb. Jeudi, l'aviation du régime a bombardé des localités dans la province centrale de Homs.

Si les États-Unis et la Russie essaient coûte que coûte de maintenir le cessez-le feu et les négociations intersyriennes de Genève, ces dernières sont également mal en point.

La majorité des négociateurs des principaux groupes de l'opposition réunis au sein du Haut comité des négociations (HCN) ont quitté la Suisse car ils jugent "inacceptable" de continuer de discuter avec le régime qu'ils accusent de massacrer des civils.

Son porte-parole, Mounzer Makhos, a toutefois précisé que l'opposition "ne boycottait pas les pourparlers mais avait demandé un report ou une suspension".

Pour le chef de la délégation du régime, Bachar al-Jaafari, ce départ est une bonne chose. "En partant, ils ont peut-être levé le principal obstacle" aux pourparlers, a-t-il affirmé.

"Nous ne pensons pas que la réponse réside dans le départ de l'opposition de ces discussions. Tout au contraire (...) Nous voulons que toutes les parties participent activement à ces pourparlers", a réagi le porte-parole du département d'Etat John Kirby.

L'opposition syrienne insiste pour la constitution d'un "organe gouvernemental de transition" doté de pouvoirs exécutifs et dont serait exclu M. Assad, une ligne rouge pour le régime.

Le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, a reproché jeudi à la Russie, alliée du régime, qui avait annoncé un retrait partiel de ses troupes, de maintenir une "présence militaire considérable" en Syrie.

Le cessez-le-feu reste "la meilleure base pour une solution pacifique négociée" à la crise, a ajouté M. Stoltenberg.

Avec AFP

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