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Emprisonné au Nigeria, le leader chiite Zakzaky est très malade


Le leader chiite Ibrahim Zakzaky, chef nigérian du groupe chiite Mouvement islamique du Nigeria.

Le leader chiite Ibrahim Zakzaky, chef nigérian du groupe chiite Mouvement islamique du Nigeria.

Le chef nigérian du groupe chiite Mouvement islamique du Nigeria, incarcéré depuis décembre suite à la mort de plusieurs centaines de ses partisans dans des affrontements avec l'armée, est en mauvaise santé, ont déclaré ses avocats.

"Le leader de l'IMN marche en boitant. Son oeil gauche est complètement abimé. Sa main gauche ... a perdu sa fonction motrice," a affirmé dans un communiqué mercredi des avocats ayant eu accès au détenu pour la première fois il y a deux semaines.

Le leader chiite, Ibrahim Zakzaky, et sa femme Zennat sont écroués à Zaria, ville du nord du Nigeria, à la suite des affrontements qui s'y sont produits le 12 décembre dernier. Fin février, ses partisans avaient accusé le gouvernement de le détenir illégalement.

Les violences avaient éclaté dans ce fief de l'IMN où un barrage érigé par le mouvement en vue d'une procession religieuse avait bloqué un convoi du chef d'état-major des armées, le général Tukur Yusuf Buratai.

Les militaires ont accusé des partisans de M. Zakzaky, d'avoir tenté d'assassiner le général, une accusation formellement démentie par le groupe chiite.

M. Zakzaky conteste sa détention devant un tribunal d'Abuja, réclamant deux milliards de nairas (10 millions de dollars) de dédommagement, ont ajouté ses avocats.

Selon l'armée nigériane, le chef chiite est en convalescence et le bilan des les violences de Zaria ne dépasse pas les sept morts.

Mais lundi, un haut responsable régional a affirmé à la commission chargée d'enquêter sur l'incident que près de 350 corps, dont ceux de femmes et d'enfants, avaient été enterrés dans une fosse commune au lendemain des affrontements. Un témoignage qui corrobore les informations d'organisations de défense des droits de l'homme selon lesquelles au moins 300 personnes ont été tuées.

L'ONG Amnesty International, qui donnait le chiffre de "plusieurs centaines" de morts, a déclaré que cette révélation était "une étape importante pour traduire les coupables présumés de ces crimes" devant un tribunal, appelant à la libération des centaines de partisans de l'IMN écroués.

Ibrahim Zakzaky et l'IMN ont déjà eu maille à partir avec les autorités nigérianes dans leur combat pour créer un Etat islamique à l'iranienne. Le chef religieux a déjà été incarcéré à plusieurs reprises.

Au Nigeria, les chiites forment une petite minorité au sein de la communauté musulmane, essentiellement sunnite, qui y constitue la moitié de la population.

Avec AFP

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