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Elections présidentielle et législatives : les Nigériens ont voté dans le calme


File d'attente devant l'école Yantala Haut CEG 6 de Niamey. (VOA/Nicolas Pinault)

File d'attente devant l'école Yantala Haut CEG 6 de Niamey. (VOA/Nicolas Pinault)

Malgré des retards à l'ouverture des bureaux de vote, dimanche, le scrutin s'est déroulé dans le calme au Niger. Le dépouillement a commencé.

Quelque 7,5 millions d’électeurs nigériens étaient appelés aux urnes, dimanche 21 février, pour élire leur président et leurs représentants au Parlement.

De nombreux bureaux de vote ont toutefois ouverts avec du retard, parfois jusqu’à une heure, a constaté le correspondant de VOA Afrique Nicolas Pinault, qui s’est notamment rendu dans les bureaux de l’école Yantala Haut à Niamey.

En fin d'après-midi, le président de la mission d'observation de l'Union africaine, Jean Eyeghe Ndong, a déclaré à VOA Afrique qu'aucune irrégularité n'avait été décelée au cours du scrutin. Le dépouillement a commencé en début de soirée.

Ce pays de 18 millions d'habitants est parmi les plus pauvres de la planète et se trouve sous la menace des groupes jihadistes sahéliens et du groupe islamiste Boko Haram.

Dans la zone de Diffa (sud-est) où sévit Boko Haram, les bureaux devaient ouvrir à 5 h et fermer à 17 h, officiellement en raison d'une luminosité différente, contre 19 h dans le reste du pays.

"Il n'y a pas de risque zéro mais nous nous organisons pour tenir le pari de la sécurité le jour du vote", a affirmé à l’AFP le ministre de l'Intérieur Hassoumi Massaoudou. "Il n’y a aucune raison de devoir couper l’Internet et les réseaux sociaux", a-t-il toutefois assuré au micro de VOA Afrique, dénonçant une "intoxication" et de fausses informations qui seraient relayées à ce sujet.

Le président Issoufou, 63 ans, surnommé le "lion", annonce une victoire par "un coup K.O." dès le premier tour face à ses 14 rivaux. Le chef d’Etat a été accueilli par une cohue de journalistes à l’Hôtel de Ville de Niamey où il a déposé son bulletin dans l’urne dimanche matin.

"Un seul vainqueur : le Niger", selon Issoufou

"C’est un grand jour pour le Niger et nos institutions", a-t-il déclaré. "J’espère que ces élections présidentielle et législatives aujourd’hui vont renforcer ces institutions et j’espère qu’elles se dérouleront dans le calme. Quoi qu’il arrive, il n’y aura qu’un seul vainqueur : le Niger." Selon lui, le pays a besoin de "paix et de sécurité" afin de progresser vers le développement économique et social. A la question de savoir s’il était confiant, Mahamadou Issoufou a répondu : "Nous ne sommes plus en campagne, il faut être patient et attendre quelques heures, nous verrons les résultats."

Ces derniers seront annoncés dans les cinq jours suivant le scrutin.

L'opposition, divisée, a promis de s'unir au second tour. Elle accuse le président de préparer un "hold-up" et la crainte de troubles post-électoraux a commencé à gagner les esprits. Dans un communiqué diffusé samedi soir, et dont l'envoyé spécial de VOA Afrique a pris connaissance, la Copa 2016, coalition de l'opposition, dénonce la surveillance et l'"empêchement strict" des leaders de l'opposition de se réunir, la "simulation d'une manifestation violente de l'opposition", l'"arrestation systématique de tous les leaders d'opposition" ainsi que le "couvre-feu décrété à partir de minuit dimanche, jour du vote".

Manque de bulletins dans les fiefs de l'opposition

Mahamadou Youba Diallo, auteur du communiqué, a affirmé dimanche à VOA Afrique qu'il manquait des bulletins dans les bureaux des fiefs de l'opposition à Zinder, Gouré et Tillabéri.

Hari Amadou, la femme de l'opposant et candidat emprisonné Hama Amadou, a voté à la place de son mari dans un bureau de la capitale. Elle a appelé à "sanctionner ce régime dont le mode de gestion ne répond pas aux aspirations profondes du peuple".

Elu en 2011 lors d'un scrutin organisé par la junte ayant renversé le charismatique Mamadou Tandja (1999-2010), M. Issoufou fait face à trois adversaires principaux : deux anciens Premiers ministres, Seïni Oumarou, de l'ex-parti du président Tandja, et Hama Amadou, ainsi que Mahamane Ousmane, premier président démocratiquement élu (1993-1996).

M. Amadou est incarcéré depuis novembre, accusé de trafic d'enfants dans un dossier de "droit commun" selon le pouvoir mais "politique" selon le candidat qui espère aller "de la prison à la présidence".

"Si Issoufou gagne au premier tour, c'est qu'il a triché. Dans ce cas là, on va gréver (faire la grève) et il y aura bagarre", proclame sous couvert de l'anonymat un militant de Hama Amadou.

Les principaux opposants ont signé un accord prévoyant d'appeler à voter pour celui d'entre eux qui sera le mieux placé au premier tour.

Avec AFP

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