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Elections au Maroc : un cousin du roi prédit un "statu quo"


Mohammed VI, roi du Maroc, 14 février 2014

Mohammed VI, roi du Maroc, 14 février 2014

Le prince Hicham Alaoui, cousin du roi Mohammed VI, estime dans une tribune publiée vendredi en France que les élections législatives du 7 octobre au Maroc se conclueront par un "statu quo" avec le maintien de la majorité pour les islamistes.

"Les observateurs non avertis verront cet événement comme la preuve que la démocratie avance au Maroc", écrit-t-il dans l'hebdomadaire L'Obs. Mais en réalité, "le but des élections est de poursuivre le 'business as usual' ", accuse le prince qui est connu pour ses critiques du régime marocain et a pris depuis plusieurs années ses distances avec le souverain.

Dans le sillage des Printemps arabes et des contestations de rue au Maroc, Mohammed VI avait mené une vaste réforme constitutionnelle, qui avait débouché lors des législatives de 2011 sur la victoire du parti islamiste Justice et Développement (PJD).

Le PJD dirige depuis cinq ans le pays à la tête d'une coalition faite de libéraux, de communistes et de conservateurs. Il se présente aux élections fort d'une réelle audience dans le pays. Son principal challenger, le Parti authenticité et modernité (PAM, libéral), prend le contre-pied des thèses islamistes mais est accusé par ses détracteurs d'être au service du palais.

Pourtant, prédit le prince Hicham Alaoui, "le pouvoir va confirmer l'influence du PJD, éventuellement limité par le succès de partis plus proches de la monarchie." Pour lui, malgré leurs antagonismes, "le parti islamiste et la monarchie sont liés comme des frères siamois".

Même si le PJD fait campagne sur une plus grande démocratisation du pays, il "se subordonne lui-même au palais sur la base d'une autorité religieuse", souligne-t-il. Le roi est le commandeur des croyants.

La monarchie, elle, est "frustrée" par l'audience du PJD auprès des classes populaires, parce qu'elle "aimerait avoir le monopole de la mobilisation de masse", affirme Hicham Alaoui. Mais, selon lui, elle est "prisonnière de ses propres promesses démocratiques".

Surtout, ajoute le prince, "le danger du PJD n'est pas sa participation puisque comme tous les partis, il peut être confiné (contenu), mais plutôt sa potentielle sortie du jeu politique. (...) Il pourrait alors défier la monarchie sur la sphère religieuse", juge le prince dans sa tribune.

Avec AFP

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