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Elan de solidarité pour permettre la survie de Charlie Hebdo


Un dessin de Pantu à Paris (Reuters)

Un dessin de Pantu à Paris (Reuters)

L'hebdomadaire satirique, en difficulté financière avant le drame, a prévu d'être diffusé mercredi prochain à un million d'exemplaires, contre 50.000 habituellement.

PARIS (Reuters) - Une vague de solidarité mondiale s'est levée vendredi pour permettre à Charlie Hebdo de continuer de paraître malgré la disparition d'une grande partie de sa rédaction, tuée dans la fusillade qui a fait 12 morts mercredi à Paris.

L'hebdomadaire satirique, en difficulté financière avant le drame, a prévu d'être diffusé mercredi prochain à un million d'exemplaires, contre 50.000 habituellement, avec une pagination réduite de moitié, à l'image de sa rédaction décimée.

Les dessinateurs Cabu et Wolinski, figures historiques du journal, ainsi que Charb, directeur de la publication, et les caricaturistes Tignous et Honoré ont été tués, tout comme l'économiste Bernard Maris, membre du conseil général de la Banque de France et collaborateur de l'hebdomadaire.

Vendredi matin, la trentaine de journalistes et collaborateurs de Charlie Hebdo se sont installés dans les locaux du quotidien Libération, qui les avait déjà accueillis fin 2011 après un incendie criminel à l'ancien siège de l'hebdomadaire.

Étaient notamment présents le dessinateur Luz et l'avocat de Charlie Hebdo, Richard Malka. Selon ce dernier, les recettes du prochain numéro seront reversées aux familles des victimes, les distributeurs renonçant en outre à leur commission.

Sur le site internet du journal, un texte inscrit sur fond noir accompagné d'un dessin représentant une main brandissant un crayon annonce la sortie, le 14 janvier, du "Journal des survivants".

SCHWARZENEGGER S'ABONNE

"Parce que le crayon sera toujours au-dessus de la barbarie. Parce que la liberté est un droit universel. Parce que vous nous soutenez. Nous, Charlie sortirons votre journal mercredi prochain !", peut-on lire.

Le Premier ministre, Manuel Valls, s'est rendu à Libération vendredi avec la ministre de la Culture et de la Communication, Fleur Pellerin.

"On veut anéantir une voix, une lumière, une image, des dessins. Ça, ce n'est pas possible et la plus forte des réponses est de dire 'on continue'", a déclaré le chef du gouvernement, qui s'est entretenu avec la rédaction de Charlie Hebdo.

Le ministère de la Communication a débloqué une aide d'urgence d'un million d'euros pour permettre à l'hebdomadaire de continuer à paraître de façon pérenne.

Les groupes Radio France, Le Monde et France Télévisions ont proposé leur aide en mettant à disposition "l'ensemble de leurs moyens humains et matériels nécessaires pour que Charlie Hebdo continue à vivre", écrivent-ils dans un communiqué commun.

La Banque publique d'investissement s'est symboliquement engagée à prendre 50 abonnements à Charlie Hebdo.

Des messages de solidarité et des contributions financières ont été envoyées du monde entier.

Le fonds Google pour l'innovation numérique de la presse a ainsi promis de dégager une enveloppe d'aide exceptionnelle, de l'ordre de 250.000 euros. Le journal britannique The Guardian a annoncé un don de 100.000 livres (128.000 euros).

Aux Etats-Unis, où l'attentat a provoqué une intense émotion, l'ancien gouverneur de Californie Arnold Schwar­ze­neg­ger s'est abonné à Charlie Hebdo.

"Je me tiens aux côtés des Français contre la terreur, et je veux faire passer un message, donc je m'abonne. Vous devriez faire la même chose", a écrit l'acteur sur son compte Twitter, reprenant le slogan adopté depuis la fusillade : #JeSuisChar­lie".

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