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L'Egypte veut durcir sa législation pour lutter contre l'excision


Des femmes manifestant contre le harcèlement sexuel au Caire, le 14 juin 2014.

Des femmes manifestant contre le harcèlement sexuel au Caire, le 14 juin 2014.

Le gouvernement égyptien a annoncé dimanche vouloir durcir la législation pour lutter contre l'excision, dévoilant un projet de loi qui prévoit jusqu'à sept ans de réclusion pour toute personne pratiquant cette opération déjà interdite mais qui reste très pratiquée.

Le texte approuvé par le gouvernement doit encore être débattu au Parlement, selon un communiqué du bureau du Premier ministre Chérif Ismaïl.

L'excision, ablation partielle ou totale des organes génitaux externes féminins, est illégale depuis 2008, sauf en cas de "nécessité médicale". Pratiquer cette opération est passible de trois mois à deux ans de prison.

Malgré cela, l'excision -tradition qui remonte au temps des Pharaons et entend "purifier" les femmes de la tentation sexuelle- reste largement pratiquée.

Elle touche 96,6% des Égyptiennes, musulmanes comme chrétiennes, selon une étude officielle menée en 2000 sur des femmes de 15 à 49 ans.

Le projet de loi annoncé dimanche "prévoit des peines plus sévères" pour toute personne pratiquant l'excision.

L'amendement prévoit une peine allant de cinq à sept ans de prison pour "toute personne pratiquant une excision sur une femme".

Cette peine s'accompagne d'un régime sévère quand l'opération "entraîne une infirmité permanente ou la mort", selon le communiqué du gouvernement.

Le texte prévoit également une peine d'un à trois ans de prison pour "quiconque fait pratiquer l'opération sur une femme".

Une adolescente est morte fin mai des suites d'une excision. Quatre personnes, dont la mère de la victime et le médecin qui avait pratiqué l'opération, doivent être jugées pour "homicide involontaire" et "blessure ayant entraîné la mort".

En janvier 2015, un médecin avait été condamné à deux ans et trois mois de prison pour avoir pratiqué une excision mortelle sur une adolescente, le premier verdict du genre depuis l'interdiction de 2008.

Au final, il a été emprisonné trois mois seulement. DesONG l'avaient accusé de continuer à exercer en toute liberté dans le nord du pays.

Avec AFP

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