Liens d'accessibilité

Remaniement ministériel sur fond de crise économique en Egypte


Photo d'archives: le président égyptien, Abdel-Fattah el-Sissi, lors d'une intervention au parlement au Caire, le 13 février 2016

Photo d'archives: le président égyptien, Abdel-Fattah el-Sissi, lors d'une intervention au parlement au Caire, le 13 février 2016

L'Egypte a annoncé ce remaniement ministériel touchant principalement les portefeuilles économiques avec l'entrée au gouvernement de dix nouveaux ministres, au moment où touristes et investisseurs étrangers boudent un pays à l'économie en lambeaux.

"Dix nouveaux ministres ont prêté serment devant le président" Abdel Fattah al-Sissi, a indiqué la présidence dans un communiqué, sans donner les raisons de ce remaniement.

Neuf ministres ont été remplacés, notamment pour les portefeuilles des Finances, des Investissements, du Travail, du Tourisme et de l'Aviation civile, a-t-elle précisé, faisant état par ailleurs de la création d'un ministère du Secteur public.

Le problème n’est pas juste de faire changer les ministres. La situation politique, tant intérieure qu’internationale, doit changer également.

Le gouvernement comprend désormais 35 membres, contre 34 auparavant.

« Depuis 2011, le secteur du tourisme est très affecté par le terrorisme qui est désormais présent dans plusieurs régions en Egypte. Il y a aussi un manque d’investissements, même après le grand forum économique que le pays a organisé. Je crois que l’objectif principal de ce remaniement concerne effectivement l’économie et les investissements. Mais je crois que l’état sécuritaire affecte toujours l’économie. Le problème n’est pas juste de faire changer les ministres. La situation politique, tant intérieure qu’internationale, doit changer également. Je crois qu’on a besoin de beaucoup d’efforts pour améliorer l’économie égyptienne », a confié à VOA Afrique professeure Howayda Mostafa, de l'Université du Caire.

Le président Sissi a appelé les nouveaux ministres à "rationaliser les dépenses et à préserver l'argent public", soulignant la nécessité de "combattre la corruption sous toutes ses formes", selon la présidence.

Le Premier ministre Chérif Ismaïl, un technocrate qui dispose d'une longue expérience dans les compagnies pétrolières publiques, avait été nommé en septembre, après la démission du précédent cabinet fragilisé par un scandale de corruption.

L'économie égyptienne peine à se relever depuis la révolte de 2011 qui chassa Hosni Moubarak du pouvoir. En 2015, l'inflation atteignait ainsi les 10,6% tandis que le chômage avoisinait les 17%.

Touristes et investisseurs étrangers ont déserté le pays, alors que les attentats jihadistes se sont multipliés depuis la destitution par l'armée du président islamiste Mohamed Morsi en 2013.

Le plus spectaculaire a été celui perpétré fin octobre contre un avion charter russe dans la péninsule du Sinaï (est), un drame qui a coûté la vie à ses 224 occupants. La branche égyptienne du groupe jihadiste Etat islamique (EI) a revendiqué cette attaque.

Avec 6,1 milliards de dollars en 2015, les revenus du tourisme ont chuté de 15% par rapport à l'année précédente, selon des statistiques officielles. Le nombre de visiteurs avait déjà baissé de près de 15 millions en 2010 à 9,3 millions cinq ans plus tard.

Parmi les ministres remplacés mercredi, figurent notamment les ministres des Transports, de l'Eau et de l'Irrigation, des Antiquités et de la Justice. Ce dernier a été démis de ses fonctions à la mi-mars après avoir provoqué un tollé en affirmant qu'il serait prêt à emprisonner même "un prophète".

Les portefeuilles de la Défense, de l'Intérieur et des Affaires étrangères restent inchangés.

Avec AFP

XS
SM
MD
LG