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Egypte : le rapatriement des touristes britanniques a commencé à Charm el-Cheikh


Des Britanniques s'apprêtent à être évacués de l'aéroport de Charm-el-Cheikh, le 6 novembre 2015. (AP Photo/ Vinciane Jacquet)

Des Britanniques s'apprêtent à être évacués de l'aéroport de Charm-el-Cheikh, le 6 novembre 2015. (AP Photo/ Vinciane Jacquet)

Seuls huits vols et non 29 ont été autorisés à rapatrier des Britanniques de Charm-el-Cheikh vendredi, alors que la thèse de l'attentat semble de plus en plus probable pour expliquer le crash de l'avion russe.

L'opération de rapatriement des touristes britanniques a commencé, vendredi 6 novembre, avec le décollage d'un premier avion de Charm el-Cheikh, six jours après le crash d'un avion russe en Egypte pour lequel la thèse de l'attentat à la bombe semble de plus en plus probable.

Illustrant la nervosité des compagnies aériennes, la néerlandaise KLM a interdit "par précaution" les bagages en soute sur son vol Le Caire-Amsterdam vendredi, après que Londres et Washington ont ouvertement évoqué la piste d'une bombe à bord.

L'aviation civile égyptienne, après avoir fait état de 29 vols vendredi, a finalement indiqué que seuls huit seraient autorisés à rapatrier dans la journée les Britanniques de Charm el-Cheikh, la cité balnéaire d'où avait décollé l'avion russe avant le crash dont le groupe jihadiste Etat islamique (EI) s'est dit responsable.

L'une des compagnies britanniques censées ramener les quelque 20 000 vacanciers, EasyJet, a affirmé que les autorités égyptiennes avaient suspendu les atterrissages de 8 de ses 10 vols prévus vendredi. Les autres compagnies britanniques Monarch (cinq vols) et British Airways (un vol) n'ont pas évoqué ces restrictions.

Seuls les bagages à main autorisés

Après une longue attente sur la piste, le premier avion rapatriant les Britanniques depuis le crash a décollé de l'aéroport de Charm el-Cheikh à destination de Londres-Gatwick, a annoncé un responsable de l'aéroport.

Un second appareil d'EasyJet était sur le point de décoller, selon lui. Il devrait atterrir à Luton, au nord de Londres.

Une foule de touristes britanniques ont afflué dès le matin à l'aéroport de Charm el-Cheikh cherchant un vol. Selon Londres, seuls les bagages à main sont autorisés sur les vols affrétés pour les rapatrier.

Présent dans le hall des départs, l'ambassadeur de Grande-Bretagne John Casson a été interpellé par des touristes fatigués et frustrés, criant dans la cohue : "Quand allons-nous rentrer chez nous ?" "Pourquoi personne ne nous parle ?"

Des centaines de touristes russes patientaient eux aussi dans des files d'attente au milieu de leurs bagages devant les comptoirs d'embarquement des compagnies russes.

Une bombe possible, selon Obama

Après la multiplication des déclarations jugeant probable la thèse de l'attentat, plusieurs compagnies étrangères dont les britanniques ont suspendu leurs vols vers et en provenance de Charm el-Cheikh alors que la France et la Belgique ont déconseillé à leurs ressortissants de s'y rendre.

"Je pense qu'il existe une possibilité qu'il y ait eu une bombe à bord (de l'avion russe) et nous prenons cette piste très au sérieux", a déclaré jeudi le président américain Barack Obama, tout en soulignant qu'il n'y avait à ce stade aucune certitude.

A Londres, où le président égyptien Al-Sissi achève vendredi une visite officielle, M. Cameron a évoqué des renseignements indiquant qu'il était "plus que probable qu'il s'agisse d'une bombe terroriste".

Selon la presse britannique, des conversations électroniques ont été examinées par des agents de renseignements britanniques et américains qui laissent entendre qu'une bombe a pu être placée dans l'appareil.

Le Caire et Moscou n'excluent aucune piste

"Les enquêteurs britanniques cherchant la cause du crash de l'avion russe croient qu'une bombe a été mise dans la soute avant le décollage", avance la BBC.

Mais les autorités égyptiennes ont mis en garde contre des conclusions prématurées, les enquêteurs n'ayant pas selon elles "encore de preuve ni de données confirmant l'hypothèse" d'une bombe.

A Moscou, le porte-parole du Kremlin a affirmé "ne pas savoir sur quelles données nos collègues britanniques se basent (...) Il y a une enquête qui n'exclut pour l'instant aucune piste".

Les données de l'une des deux boîtes noires, celle des paramètres de vol, ont été extraites mais celle contenant les conversations de l'équipage, endommagée, demandera beaucoup de travail.​

Avec AFP

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