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Egypte: les fonds d'une ONG anti-torture gelés


Une ONG égyptienne s'occupant des victimes de torture a annoncé jeudi le gel de ses avoirs financiers, au moment où le pouvoir du président Abdel Fattah al-Sissi est accusé de réprimer les organisations de la société civile.

En février et en avril déjà, les autorités avaient tenté de fermer le Centre el-Nadeem pour la réhabilitation des victimes de violence et de torture, mais cette ONG locale continuait de fonctionner, a indiqué jeudi à l'AFP sa directrice Magda Adly.

"Aujourd'hui, on nous a informé que le département juridique de notre banque avait reçu une décision de la Banque centrale pour le gel de notre compte, jusqu'à ce qu'on règle notre statut légal, en conformité avec la loi régissant les associations" de la société civile, a précisé à l'AFP Mme Adly.

L'ONG fournit un soutien psychologique aux victimes de la torture et de violences et examine les plaintes de tortures subies dans les lieux de détention et les prisons ainsi que celles des familles de personnes portées disparues.

Les organisations internationales de défense des droits de l'homme accusent régulièrement les autorités égyptiennes de centaines de disparitions forcées, de détentions illégales et d'actes de torture et autres violences en détention.

Réagissant à l'annonce, Amnesty international a condamné dans un communiqué "un coup cruel pour les droits de l'Homme" en Egypte.

Le Centre el-Nadeem "est vital pour des centaines de victimes de torture et les familles de personnes qui ont été soumises à des disparitions forcées", souligne Amnesty.

Depuis qu'il a destitué en 2013 le président islamiste Mohamed Morsi, l'ex-chef de l'armée réprime toute forme d'opposition.

Dans le cadre d'une vaste enquête sur les financements étrangers de la société civile, plusieurs défenseurs des droits de l'Homme se sont vus interdits de sortie du territoire, ou ont vu leurs avoirs gelés.

Les ONG égyptiennes ou étrangères tombent en principe sous le coup d'une loi particulièrement restrictive datant de l'ère de l'ex-président Hosni Moubarak, chassé en 2011 par une révolte populaire.

La loi permet au gouvernement de superviser leurs activités, leurs financements, le choix de leur direction et soumet leur dissolution à une simple décision administrative.

Le centre el-Nadeem "opère en tant que clinique enregistrée auprès du ministère de la Santé et n'a pas besoin d'être enregistré selon les dispositions de la loi sur les associations", souligne Amnesty.

Avec AFP

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