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Efforts tous azimuts avant l'entrée en vigueur de la trêve en Syrie


Des enfants jouent au football à proximité des bâtiments détruits dans des affrontements dans la ville historique de Bosra al-Cham, à Deraa, dans le sud de la Syrie, une ville tenue par des rebelles. (Photo prise le 23 février 2016).

Des enfants jouent au football à proximité des bâtiments détruits dans des affrontements dans la ville historique de Bosra al-Cham, à Deraa, dans le sud de la Syrie, une ville tenue par des rebelles. (Photo prise le 23 février 2016).

L'émissaire spécial de l'ONU pour la Syrie verra vendredi soir, après une réunion avec le Conseil de sécurité, si les conditions sont réunies pour une possible relance des discussions inter-syriennes à Genève après l'échec de janvier.

Russes et Américains se préparent à définir les modalités d'application du cessez-le feu en Syrie vendredi, une journée jugée "cruciale" par l'ONU à la veille de l'entrée en vigueur de cette trêve, qui serait la première du genre en cinq ans de guerre.

Le régime de Bachar al-Assad, l'opposition ainsi que les forces kurdes ont annoncé qu'ils respecteraient le cessez-le-feu, parrainé par les Etats-Unis et la Russie, et censé commencer samedi à 00H00 locale (vendredi 22H00 GMT), alors que des doutes subsistent sur son application.

Sont tenus normalement par la trêve les forces du régime de Bachar al-Assad et les rebelles mais ceux-ci sont très affaiblis par la montée en puissance des groupes djihadistes et ne contrôlent plus qu'une partie minime du territoire, notamment près de Damas, à Deraa (sud), et Homs et Hama (centre).

Les organisations djihadistes de l'Etat islamique (EI) et du Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda, deux groupes rivaux qui occupent une grande partie du pays, sont exclus de l'accord de trêve et resteront par conséquent la cible des opérations du régime, des frappes de son allié russe et des raids de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis.

Les modalités du cessez-le-feu qui s'annoncent très complexes sur le terrain seront examinées vendredi après-midi à Genève par une "task force" regroupant les représentants des 17 membres du Groupe international de soutien à la Syrie (ISSG) et dirigée par Washington et Moscou.

- Une résolution à l'ONU -

Ensuite, l'émissaire spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, aura à 20H00 GMT une réunion par vidéo avec le Conseil de sécurité après laquelle il décidera si les conditions sont remplies pour une éventuelle relance des discussions intersyriennes à Genève après l'échec de janvier.

"Demain (vendredi) sera un jour très important, je dirais même crucial", a déclaré M. de Mistura.

Des diplomates à l'ONU ont affirmé que les membres du Conseil de sécurité discutaient d'un projet de résolution qui entérinerait l'accord américano-russe de trêve, et qu'ils espéraient pouvoir l'adopter vendredi.

Dans ce conflit qui a fait plus de 270.000 morts et déplacé plus de la moitié de la population, la Russie et l'Iran soutiennent le régime Assad alors que les Etats-Unis, l'Arabie saoudite et la Turquie notamment appuient les rebelles.

Alliée des Etats-Unis dans la guerre anti-EI, la principale milice kurde syrienne des Unités de protection de peuple kurde (YPG) a annoncé qu'elle respecterait l'accord de trêve tout en se réservant le droit de "riposter" en cas d'attaque.

Mais la Turquie est en profond désaccord avec son allié américain au sujet des YPG qu'elle considère comme "terroristes" et qu'elle bombarde depuis une dizaine de jours par intermittence. Elle a estimé d'ailleurs que l'accord de cessez-le-feu n'était "pas contraignant" pour elle.

Alors que la guerre anti-EI n'est pas censée s'arrêter, des avions de combat saoudiens venant participer à la campagne de frappes contre les djihadistes devraient arriver jeudi ou vendredi en Turquie.

Ils doivent être positionnés à Incirlik (sud), une grande base militaire qui accueille déjà des appareils américains, britanniques et français prenant part aux bombardements contre l'EI.

- Obama prudent -

Sur le front des combats, les violences font toujours rage dans plusieurs régions notamment dans la province d'Alep où l'armée appuyée par l'aviation russe a repris à l'EI une localité stratégique près de la ville éponyme.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), 20 djihadistes ont été tués dans les raids russes lors de la prise de la localité de Khanasser.

Fort de ses succès avec l'aide russe, le régime a d'ailleurs souligné, en acceptant la trêve, qu'il poursuivrait ses "opérations militaires pour lutter contre Daech (acronyme en arabe de l'EI), Al-Nosra et les autres groupes terroristes qui leur sont liés".

Les rebelles craignent que Damas et son allié russe ne profitent de cette exclusion pour frapper les régions où ils sont alliés avec le Front Al-Nosra, notamment à Idleb (nord-ouest) ou Alep, mais aussi dans d'autres régions où le groupe djihadiste est moins omniprésent.

"Nous sommes très prudents pour ne pas créer des attentes trop fortes", a déclaré mercredi le président américain Barack Obama, alors qu'un cessez-le-feu censé entrer en vigueur vendredi dernier avait été ignoré.

"Si, dans les semaines à venir, nous constatons une certaine baisse de la violence cela pourrait être une base pour un cessez-le-feu plus long et nous permettre de progresser vers une transition politique", a-t-il ajouté.

Déclenché par la répression de manifestations pacifiques proréformes, le conflit en Syrie a dégénéré en guerre ouverte impliquant des parties internationales et régionales qui a provoqué un désastre humanitaire.

Avec AFP

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