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Economie: mise en garde d'Obama aux républicains


Barack Obama speaks s'exprimant à la Maison Blanche

Barack Obama speaks s'exprimant à la Maison Blanche

Dans une allocution à la Maison-Blanche lundi, le président Barack Obama a évoqué les progrès réalisés depuis le début de la crise économique. En effet, il y a cinq ans, la panique gagnait Wall Street alors que les opérateurs comprenaient l’ampleur de la crise de l’immobilier. Aujourd’hui, les places boursières vont de sommet en nouveau sommet. Et pourtant, beaucoup de problèmes restent à régler.

En septembre 2008, Lehman Brothers, la grande banque d'investissement multinationale, déclarait faillite, et les places boursières s’effondraient. Quelques mois plus tard, le président Obama prenait ses fonctions, et intervenait immédiatement pour stabiliser le secteur financier.

Gene Sperling, le principal conseiller économique de M. Obama, estime que le président a su redresser la situation.

« Le président a pris en 2009 une série de mesures audacieuses, sans précédent et difficiles politiquement qui ont fonctionné mieux que personne ne l'aurait anticipé à l'époque » a déclaré M. Sperling.
Le président de la Chambre, John Boehner

Le président de la Chambre, John Boehner


Côté républicain, on est nettement moins enthousiaste, et l’on dénonce notamment l’Obamacare, le projet de réforme de l’assurance santé que l’administration a fait adopter. Les républicains jugent que le chômage, chiffré aujourd’hui aux alentours des 7,3 %, reste également trop élevé.

L’automne s’annonce difficile, car l’année fiscale risque de commencer, une fois de plus, sans que la Maison Blanche et le Congrès aient pu se mettre d’accord sur un projet de loi budgétaire pour 2014. De surcroit, le plafond de la dette devra être relevé d’ici à la fin du mois d’octobre, alors même que le président de la Chambre des représentants, le républicain John Boehner, menace d’empêcher ce relèvement, en l’absence de l’adoption de nouvelles mesures pour juguler le déficit budgétaire.

« Pour le bien de notre économie, nous continuerons à faire tout notre possible pour abroger, démanteler et cesser de financer l’Obamacare. Un autre élément important de notre programme pour l'emploi est la maitrise des déficits massifs et de la dette qui nuit à notre économie et met en péril le rêve américain pour nos enfants et petits-enfants », a déclaré M. Boehner.

Dans son discours sur l’économie lundi, M. Obama a appelé le Congrès à faire preuve de bon sens.

« Arrêtons les menaces. Arrêtons les simagrées à des fins politiques, ne fermons pas notre gouvernement. Payons nos factures à temps. Votons un budget », a déclaré le chef de l’exécutif.

Mardi, le Congressional Budget Office (CBO), un organisme budgétaire indépendant, a déclaré s’attendre à un déficit budgétaire proche de 2 % du PIB d’ici 2015, alors que la dette publique atteint 73 % du PIB actuellement.

Néanmoins, le CBO anticipe que le départ massif à la retraite des « baby-boomers », cette importante tranche d’âge née après la Seconde guerre mondiale, aggravera le déficit dans les années à venir, à moins que le système de retraite, aux Etats-Unis la « Sécurité sociale », ne soit réformé, ou que la fiscalité ne soit alourdie. De telles inquiétudes sont justement ce qui motive les républicains à faire obstacle aujourd’hui au projet de budget de la Maison-Blanche pour l’année fiscale 2014.

Par ailleurs, outre-Atlantique, la crise est loin d’être réglée. Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne (BCE), a déclaré lundi que l'économie de la zone euro reste fragile et que le taux de chômage est « toujours beaucoup trop élevé ». Il a réaffirmé l'engagement de la BCE de maintenir ses taux d’intérêt à niveau bas pendant une période prolongée.
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