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Echec du premier round des négociations Gambie-Sénégal sur leur différend frontalier


Des manifestants se rassemblent devant l'ambassade de Gambie au Sénégal, 30 août 2012.

Des manifestants se rassemblent devant l'ambassade de Gambie au Sénégal, 30 août 2012.

La première série de négociations entre Banjul et Dakar n’a pas abouti au déblocage du blocus qui paralyse la frontière entre les deux pays depuis février, les privant de certains produits de consommation courante, selon les deux camps.

La Gambie et le Sénégal ont échoué, lors d'une première série de négociations dimanche à Dakar, à résoudre le blocus frontalier qui paralyse les deux pays depuis trois mois, a-t-on appris lundi auprès d'un conseiller du ministre sénégalais des Affaires étrangères.

Le conseiller a assuré que les discussions reprendraient dans deux mois. "La prochaine réunion sera en juillet", a-t-il dit, alors que les deux pays commencent déjà à manquer de certains produits de consommation courante.

Dimanche à Dakar, la ministre gambienne des Affaires étrangères Neneh McDouall-Geye a rencontré durant plusieurs heures son homologue sénégalais, Mankeur Ndiaye, pour tenter de trouver une solution au blocus mis en place par les transporteurs sénégalais depuis la mi-février.

Ces derniers bloquent la frontière avec la Gambie, un petit pays enclavé dans le Sénégal, afin d'obtenir de meilleures conditions pour traverser ce territoire.

Le différend est né, début février, de la multiplication par cent du droit d'entrée infligée par la Gambie aux camions qui traversent son territoire. Malgré un revirement des autorités gambiennes, revenue entretemps au droit d'entrée initial, les transporteurs sénégalais maintiennent leur blocus commercial dans l'attente de conditions encore plus favorables.

Des syndicats de transporteurs sénégalais ont récemment indiqué à l'AFP qu'ils ne lèveraient pas ce blocus tant qu'ils n'obtiendraient pas l'ouverture en permanence de la frontière, fermée chaque jour de 19H00 à 07H00, et des progrès significatifs dans le projet de construction d'un pont enjambant le fleuve Gambie, le long duquel serpente le territoire éponyme. Ce pont éviterait aux Sénégalais un détour de plusieurs centaines de kilomètres pour voyager entre le sud et le nord du Sénégal.

Dimanche, les négociations ont justement achoppé sur ce dernier point: "Nous allons consulter nos experts sur la question du pont", a expliqué à l'AFP le conseiller sénégalais, assurant que Dakar allait "travailler avec" les transporteurs routiers "pour rouvrir la frontière au trafic".

Avant l'ouverture des discussions dimanche, Mme McDouall-Geye avait dit à des journalistes que le projet actuel de pont - un projet qui devait être achevé en 2017 mais qui est repoussé depuis des dizaines d'années - était inacceptable en l'état.

La rivière "doit être navigable. Or les plans actuels du pont interdisent toute navigabilité", avait-elle estimé, invoquant également le risque, mis en avant par des défenseurs de l'environnement, d'altérer le fragile écosystème de cette région.

La Gambie est un minuscule pays enclavé dans le Sénégal, à l'exception d'un accès à la mer à l'embouchure du fleuve Gambie. Il est très dépendant de son voisin sénégalais pour l'acheminement de ses importations, et notamment pour le pétrole.

Avec AFP

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