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Échec de l'opération "ville morte" lancée par l'opposition au Tchad


Un marché à Ndjamena le 24 février 2016 lors de la journée ville-morte organisée par la plateforme Ça Suffit. (VOA/André Kodmadjingar)

Un marché à Ndjamena le 24 février 2016 lors de la journée ville-morte organisée par la plateforme Ça Suffit. (VOA/André Kodmadjingar)

L'opération "ville morte" lancée par l'opposition tchadienne contre ce qu'elle dénonce comme un "hold-up électoral" du président Idriss Deby Itno, réélu pour un cinquième mandat, n'a pas été suivie jeudi dans les deux principales villes du pays.

Dans la capitale N'Djamena, les administrations fonctionnaient normalement, les marchés étaient ouverts et fréquentés, tout comme les banques et les établissements scolaires. La circulation dans les rues était aussi dense que d'habitude.

L'appel à ce mouvement "ville morte" avait été lancé mercredi après que le Conseil constitutionnel tchadien eut confirmé dans la nuit de mardi à mercredi la réélection pour un 5e mandat d'Idriss Deby, au pouvoir depuis 26 ans, dès le premier tour de la présidentielle du 10 avril. Six candidats d'opposition, dont le chef de file Saleh Kebzabo, avaient appelé à cette journée ville morte sur l'ensemble du pays, en signe de protestation.

Idriss Deby a obtenu 59,92% des voix, suivi par le chef de file de l'opposition Saleh Kebzabo (12,77% des suffrages) et de Laoukein Kourayo Médard (10,61%), le maire de la capitale économique Moundou, selon les résultats proclamés par le Conseil.

Cette opération "ville-morte" n'a pas non plus été suivie dans Moundou, la capitale économique du pays. "Les activités quotidiennes se déroulent normalement", a rapporté à l'AFP l'un de ses habitants, joint par téléphone.

"L'absence de la société civile et des syndicats aux côtés de l'opposition dans cette opération est à l'origine de cet échec", a indiqué à l'AFP un responsable syndical, sous couvert d'anonymat.

Le 24 février, les Tchadiens avaient alors largement suivi, à N'Djamena comme en province, le mot d'ordre "ville morte" lancé par le collectif "Ca suffit" pour demander le départ du président Deby.

"Ca suffit" est composée d'une vingtaine d'associations de la société civile dont la Ligue tchadienne des droits de l'Homme et l'Union des syndicats du Tchad.

Le pouvoir en place, qui dispose des structures d'État et d'une très large supériorité financière, a monopolisé la campagne électorale. Il avait notamment empêché toute marche pacifique de la société civile qui réclamait une alternance politique et démocratique, n'hésitant pas à emprisonner quatre de ses leaders, qui, depuis leur libération après une condamnation à quatre mois de sursis, ont quitté le pays.

Le climat post-électoral au Tchad reste tendu, notamment en raison de la disparition d'une vingtaine de policiers et militaires, selon Amnesty International, qui n'auraient pas voté pour le président et dont les familles restent sans nouvelles.

Avec AFP

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