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Ebola: l'OMS et MSF préconisent la vigileance


MSF sur le terrain à Conakry, en Guinée (Meredith Dixon, photo de courtoisie)

MSF sur le terrain à Conakry, en Guinée (Meredith Dixon, photo de courtoisie)

Médecins sans Frontières (MSF) se montre prudente. L'ONG estime que malgré la nette baisse du nombre de personnes affectées par l'Ebola, la crise suscitée par l’épidémie reste grave.

La progression de la fièvre hémorragique à virus Ebola est en recul ces dernières semaines en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone, les trois pays les plus touchés par la maladie. C’est ce qu’a déclaré le Dr Bruce Aylward, directeur adjoint de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), chargé de la lutte contre Ebola.

Mais il a également averti que l’OMS connait de graves problèmes budgétaires, qui pourraient compromettre ces progrès. En effet, l’OMS n’a reçu que 90 millions de dollars, sur un budget d’environ 350 millions de dollars.

Pour sa part, l’ONG Médecins sans Frontières (MSF) se montre également prudente. Elle estime que malgré la nette baisse du nombre de personnes affectées par le virus à Ebola, la crise suscitée par l’épidémie dans les trois pays les plus affectés - Guinée, Libéria et Sierra Leone - reste grave. Il faut rester vigilant, déclare Dorian Job, gestionnaire adjoint du Programme d'Urgence de MSF.

Dans une interview avec la Voix de l’Amérique, M. Job a noté qu’on « voit une claire diminution des cas un peu partout », plus particulièrement au Libéria, mais également en Sierra Leone, même si des incertitudes pèsent encore sur la Guinée, notamment ses régions forestières.

Un énorme travail se poursuit au niveau des trois pays en ce qui concerne l’acceptation des contraintes nécessaires pour juguler la maladie, a poursuivi M. Job. « Une de nos impressions est que c’est un facteur très important. Il y a aussi des variantes dans chaque pays ». Dans certains pays, « il y a eu un énorme effort de la population pour pouvoir se mobiliser, s’isoler comme cela s’est passé dans certains pays comme le Libéria ». Ailleurs, la mobilisation a tardé du fait du manque d’informations, et dans certaines zones, notamment en Guinée, cela reste un point sensible. Dans certains endroits, a noté le responsable de MSF, la population est très responsable, mais dans d’autres, le mobilisation reste très insuffisante. « C’est ce qui explique les courbes récurrentes dans ce pays », ajoute-t-il.

Les systèmes de santé publique ont été « complètement traumatisés », a relevé M. Job. Ils commencent à peine à se remettre en place. Si le ravitaillement en équipement s’est amélioré, il reste encore des défis au niveau des changements de comportement, en ce qui concerne notamment la protection. « On pense qu’il y a encore pas mal de travail à faire » à ce niveau-là, a poursuivi M. Job.

Par ailleurs, le personnel de santé devrait avoir en priorité accès aux vaccins anti-Ebola développés actuellement par diverses sociétés pharmaceutiques, a souligné le responsable de MSF. Cela facilitera la réouverture ou l'aggrandissement des structures de santé, a-t-il dit.

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