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Ebola: les Etats-Unis s'impliquent


 Le virus à Ebola (Photo AP/CDC)

Le virus à Ebola (Photo AP/CDC)

Les États-Unis vont déployer au moins 50 spécialistes en Afrique de l'Ouest, dans l’espoir d’aider à enrayer la propagation du virus Ebola.

Le directeur des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (Centers for Disease Control and Prevention ou CDC), le Dr Tom Frieden, a reconnu dimanche que l'épidémie de fièvre hémorragique à virus Ebola en Guinée, en Sierra Leone et au Libéria est actuellement hors de contrôle. Néanmoins, si des mesures adéquates sont prises, elle pourra être jugulée, a-t-il dit.

« Ce que nous faisons actuellement aux CDC, c’est d’élargir notre réponse. Nous allons déployer au moins 50 experts en santé publique dans les trois pays (concernés) dans les 30 prochains jours, car, en fait, nous savons comment arrêter le virus Ebola. C'est une simple question de santé publique; il s’agit de trouver les patients, de s’assurer qu'ils vont se faire traiter, de trouver leurs contacts, de les suivre, d'éduquer les gens, de contrôler les infections dans les hôpitaux. Si vous faites cela - et cela doit être bien fait - l’Ebola disparait ».

Il est d’autant plus urgent d’agir, a poursuivi le directeur des CDC, qu’une épidémie d'Ebola peut avoir un impact dévastateur sur une société.

« Cela peut non seulement détruire la confiance dans le système de santé publique, mais avoir des répercussions sociales et économiques énormes sur la société. Dans certaines parties de l'Afrique, où nous avons traité des cas d’Ebola depuis des années, nous sommes beaucoup mieux en mesure de le contrôler. Nous identifions les cas rapidement, nous les enrayons rapidement, et nous mettons un terme aux pratiques qui peuvent lui permettre de se propager. C'est ce que nous finirons par être en mesure de faire dans ce cas. Le plus tôt sera le mieux, et le moins de personnes mourront ».

On est encore loin de mettre au point un vaccin contre le virus Ebola et, pour le moment, la meilleure façon de contenir la maladie est de la juguler à sa source, dans ce cas précis, en Afrique de l'Ouest. Cela ne sera ni rapide ni facile, reconnait le Dr. Frieden. Il s'attend à ce que la situation s'aggrave avant de s'améliorer.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) affirme que plus de 700 personnes sont mortes de la maladie depuis qu'elle a été détectée en Guinée en Mars.

Par ailleurs, le Dr Kent Brantly, infecté alors qu’il soignait des patients au Libéria, a été rapatrié aux États-Unis samedi à bord d'un jet privé spécialement équipé. Il est suivi à l'hôpital de l'Université Emory d'Atlanta, et son état s’améliore. Quant à sa collègue Nancy Writebol, une missionnaire qui a également contracté le virus au Libéria, elle devrait être transportée à Emory mardi.

Vendredi, le président Barack Obama a déclaré que les responsables américains prennent la situation très au sérieux.

« Dès qu'il y a une épidémie dans le monde d'une maladie qui pourrait avoir un impact significatif, la CDC se met en contact avec l'Organisation mondiale de la Santé et d'autres organismes multilatéraux pour tenter de s’assurer que notre réponse est appropriée. Il s’agit ici d’une épidémie du virus à Ebola plus agressive que l’on a vu dans le passé, sans oublier qu’elle affecte encore certaines parties de trois pays », a dit M. Obama.

On chiffre à 2.400 le nombre de bénévoles de la Fédération internationale de la Croix-Rouge déployés en Guinée, au Libéria et au Sierra Leone depuis le début de l'épidémie.

Par ailleurs, la société Emirates, dont le siège se trouve à Dubaï, est devenue la première grande compagnie aérienne internationale à suspendre tous ses vols vers la Guinée pour éviter la propagation du virus à Ebola. Elle va continuer à desservir Dakar, au Sénégal, pays frontalier de la Guinée.

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