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Ebola: la suppression des rites funéraires exacerbe la douleur des survivants


Un enterrement au Libéria (Reuters)

Un enterrement au Libéria (Reuters)

En Afrique de l’Ouest, les rites funéraires qui impliquent de toucher ou d’embrasser le corps de la personne décédée exacerbent l’épidémie d’Ebola. Les cadavres peuvent encore abriter le virus et transmettre la maladie, ce qui bouleverse les coutumes, exacerbant les souffrances des survivants.

Il aura fallu quatre heures pour creuser, sous la pluie, la tombe de Jartu Kerkula, une victime de l’Ebola de la localité de Joe Blow Town, au Libéria.

Les fossoyeurs préfèrent le Soleil, car il peut tuer le virus. C’est plus sûr. Les voisins de Jartu suivent le spectacle. Ses quatre enfants ont été internés au centre de Dolo Town, où ils restent sous observation.

Lorsque que les fossoyeurs sortent de l’habitation avec le sac où git le corps de Jartu, sa nièce, Jackie Smith, s’avance et lève son cellulaire pour prendre des photos, mais le chef de l’équipe lui intime l’ordre de se retirer. « La famille ne l’enterre pas, ne serait-ce que pour la voir une dernière fois, et je me sens vraiment mal », déclare Mme Smith.

Faute de moyens, personne n’a pu confirmer que Jartu est morte de l’Ebola. Mais la famille est d’accord pour prendre des précautions, au cas où. Alors, même si Jartu, une chrétienne, était un pilier de sa paroisse du comté de Margibi, personne ne l’a veillée. Pas de funérailles non plus. Il faut songer aux enfants, explique son frère, le Révérend John Singbae.

« Ils ne savent pas ce qui se passe. Donc pour qu’ils acceptent vraiment la réalité que leur mère est morte, ils devront vivre avec ce cauchemar… Ils n'ont pas suivi l’enterrement de leur mère ».

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