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Ebola : Des griots mis à contribution pour la sensibilisation


Ibrahim Sacko a été le premier conteur et un communicateur traditionnel à parler aux gens de la maladie mortelle qui jusqu'ici a tué près de 5.000 personnes dans la région, Kayes, au Mali, le 6 novembre 2014. (Katarina Höije)

Ibrahim Sacko a été le premier conteur et un communicateur traditionnel à parler aux gens de la maladie mortelle qui jusqu'ici a tué près de 5.000 personnes dans la région, Kayes, au Mali, le 6 novembre 2014. (Katarina Höije)

Les griots, bénécifiant du statut et de la réputation de guérisseurs traditionnels, conseillers et communicateurs doublés de qualité de chefs spirituels, deviennent des porte-voix dans la conscientisation sur Ebola.

KAYES, MALI— Les griots jouent désormais un rôle important dans la sensibilisation contre la maladie à virus Ebola en Afrique de l’Ouest.

Ils ont rejoint les structures existantes reconnues dans la lutte contre l’épidémie qui a déjà tué plus de 5.000 personnes dans cette partie de l’Afrique.

Les griots sont à l’œuvre depuis qu’une enfant est décédée, deux semaines plutôt, au village malien de Kayes, après avoir été ramenée de la Guinée par sa grand-mère.

Ces chanteurs de louange, réputés dans cette partie du continent, sont sur des motos et ont un lance-voix, tout ce qui renvoie à l’image courante du personnel reconnu dans la sensibilisation dans la région.

Les griots jouent en plus un rôle non moins emportant dans la mesure où ils jouissent du statut et de la réputation de guérisseurs traditionnels, conseillers et communicateurs doublés de qualité de chefs spirituels. Tout ce qui convient pour être le porte-voix dans la conscientisation sur Ebola.

Les fruits de la contribution des griots ont commencé à être récoltés. Près de deux semaines se sont déjà écoulées depuis le début de la période d’incubation pour les 79 membres du personnel de l’hôpital et de la famille qui étaient en contact avec l’enfant décédée, mais aucun nouveau cas n’a été signalés parmi ces personnes placées sous observation.

Ibrahim Sacko est un conteur-nomade. Il fait le tour de Kayes sur sa moto pour sensibiliser les habitants sur Ebola. Le plus important message qu’il véhicule est de se laver les mains.

« J’ai vu ce qui est arrivé aux pays voisins du Mali, au Ghana, en Sierra Leone et au Liberia, et ça m’a effrayé », affirme Sacko avant d’ajouter : « quand j’ai appris que la maladie est arrivée à Kayes, j’ai commencé à agir sans attendre ».

Sacko s’est mis à voyager le jour après la confirmation de tests positifs des échantillons de la petite morte. Il indique qu’il s’est senti obligé de faire quelque chose.

« Le Mali est un pays pauvre. Nous manquons des moyens pour faire face à Ebola », soutient-il. Pour lui, changer l’état d’esprit, les habitudes et le comportement de ses concitoyens peut aider à limiter les dégâts.

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