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Ebola: cri d'alarme de MSF


La fièvre à virus Ebola se répand en Afrique de l'Ouest

La fièvre à virus Ebola se répand en Afrique de l'Ouest

Cri d’alarme de l’ONG Médecins Sans Frontières (MSF) : la recrudescence de cas d’Ebola en Afrique de l'Ouest est telle qu’on peut dire que « l’épidémie est hors de contrôle ».

De nouveaux foyers sont signalés en Guinée, en Sierra Léone et au Libéria, précisaient lundi MSF et l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le risque de propagation à d’autres zones est bien réel. Il faut agir, estime MSF, qui appelle à une mobilisation face à cette fièvre hémorragique.

Dans une interview avec la Voix de l’Amérique (VOA), le Dr Marc Poncin, coordinateur national « urgence Ebola » du bureau de MSF en Guinée, a dit que « la situation est plus alarmante que l’on ne pensait ». Selon lui, « il faut augmenter la mobilisation de tous les acteurs qui peuvent aider à juguler l’épidémie ».

A l’origine du problème notamment : le fait « qu’une partie de la population n’adhère pas aux mesures de contrôle ». C’est ce qui aide l’épidémie à se propager, note-t-il. « Une partie des gens ne croient pas à Ebola. Les malades se cachent. Les gens ne viennent pas se faire soigner aux centres de traitements ». C’est par la sensibilisation que l’on pourra changer les choses, ajoute le médecin, mais encore faut-il qu’elle soit faite par toutes les couches de la société civile et les leaders d’opinion.

« Il faut vraiment qu’il y ait une mobilisation générale au niveau de la société et de l’Etat pour convaincre les personnes récalcitrantes de venir se faire soigner ». Il est certain que la peur joue aussi un « très grand rôle », selon le Dr Poncin. Mais les malades doivent comprendre que l’on guérit de l’Ebola, si l’on se fait soigner dans les délais nécessaires. « Nous avons eu environ 60 patients qui sont sortis guéris de nos structures de santé ». Encore faut-il ne pas se cacher, mais rechercher des soins dès les premiers symptômes.

L’Ebola créer des réactions « tout à fait irrationnelles », ajoute le Dr Poncin. Il faut se rappeler, dit le médecin, que jusqu’à l’apparition de symptômes, toute personne ayant eu contact avec un malade n’est pas contagieuse.

« Ce qui est important, c’est qu’à partir du moment où on a été en contact avec un malade, on se fasse connaitre des structures de santé de façon à être suivi ». Si une fièvre apparait, un dépistage peut-être fait pour déterminer s’il s’agit de fièvre à virus Ebola, ou de simple paludisme - une maladie endémique en Afrique de l’Ouest.

Par ailleurs, insiste le Dr Poncin, il ne faut absolument pas manier le corps d’une personne qui a décédé, ou pourrait avoir décédé, de l’Ebola. « Le corps d’une personne décédée d’Ebola est hautement contagieux », rappelle-t-il. Mieux vaut faire appel aux structures de santé, notamment à la Croix-Rouge, dont le personnel est équipé pour évacuer les dépouilles mortelles des malades qui ont succombé à la fièvre hémorragique.
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